Sud-Kivu : plus de 900 000 déplacés internes dans une crise humanitaire à Fizi

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La situation humanitaire se dégrade dangereusement dans le territoire de Fizi, où l’afflux massif de déplacés internes consécutif aux violences armées plonge des milliers de familles dans une précarité extrême. Les autorités locales appellent à une intervention urgente des partenaires humanitaires et du gouvernement congolais.

Selon l’administrateur du territoire de Fizi, Kalonji Badibanga Samy, cette nouvelle vague de déplacements a été provoquée par l’intensification des affrontements armés dans plusieurs localités de la province. Il attribue cette détérioration à la prise de la ville d’Uvira, en décembre 2025, par des éléments qu’il présente comme des forces rwandaises appuyées par les rebelles du M23-AFC, entraînant des combats avec les FARDC et les groupes d’autodéfense Wazalendo.

« Plusieurs habitants des villages de Makobola II, Bangwe, Kasekezi et Munene ont été contraints de fuir leurs habitations », a déclaré l’autorité territoriale.

Ces populations déplacées vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles, sans accès suffisant à l’eau potable, aux soins de santé ni à l’éducation pour les enfants.

Dans les hauts plateaux de Minembwe ainsi que dans le secteur d’Itombwe, la crise continue de s’aggraver. La prise du village stratégique de Kipupu a entraîné de nouveaux mouvements de population vers le secteur de Lulenge, où les capacités d’accueil sont déjà largement dépassées.

Le territoire de Fizi est désormais considéré comme l’un des principaux foyers de déplacés internes dans la province du Sud-Kivu. Les déplacés sont répartis sur plusieurs axes, notamment Makobola, le littoral du lac Tanganyika, Fizi-centre, Sebele-Nemba et Lulimba-Kilembwe.

« Nous estimons à plus de 900 000 le nombre de déplacés internes », a précisé Kalonji Badibanga Samy, soulignant que l’axe de Makobola reste l’un des plus touchés malgré quelques interventions humanitaires jugées encore insuffisantes.

Face à cette urgence, l’administrateur de Fizi lance un appel pressant aux organisations humanitaires.

« Nous demandons aux partenaires humanitaires d’intervenir rapidement avec des vivres, des soins psychosociaux, la prise en charge des femmes enceintes, la scolarisation des enfants, la construction de latrines et l’accès à l’eau potable », a-t-il insisté.

Au-delà de l’appui des partenaires internationaux, l’autorité territoriale appelle également le gouvernement congolais à renforcer sa présence dans cette zone en crise.

« Une réponse urgente et coordonnée est indispensable pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur », a-t-il averti.

Dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo, marquée depuis plusieurs décennies par des conflits armés récurrents, la situation des civils continue de se détériorer, faisant craindre une aggravation durable de la crise humanitaire.

Emmanuel NDJADI Pascal

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