Une première délégation de migrants expulsés des États-Unis a atterri à Kinshasa ce vendredi 17 avril 2026, dans un contexte de fortes tensions politiques et de vives critiques au sein de l’opinion publique congolaise.
Selon des sources aéroportuaires, une vingtaine de personnes, majoritairement originaires d’Amérique latine notamment du Pérou et de l’Équateur sont arrivées aux premières heures de la matinée à l’aéroport international de N’djili.
D’après leur avocate, Alma David, ces migrants bénéficiaient jusqu’ici de décisions de justice américaines les protégeant contre un renvoi vers leurs pays d’origine. Leur transfert vers la République démocratique du Congo s’inscrit dans la stratégie de l’administration de Donald Trump visant à externaliser la gestion des migrants à travers des accords conclus avec certains pays africains.
À Kinshasa, les autorités assurent qu’il ne s’agit que d’un séjour temporaire. Mais cette position peine à calmer les inquiétudes.
L’arrivée de ces migrants suscite une vague de réactions dans la classe politique.
Un parti de l’opposition a déjà organisé une manifestation de protestation, dénonçant une décision jugée « inacceptable ». De leur côté, plusieurs organisations de la société civile pointent du doigt un manque de transparence et s’interrogent sur les conditions d’accueil et le cadre légal de cette opération.
Sur le terrain, l’opacité entourant ce dossier alimente les spéculations, alors que le gouvernement tente de rassurer sur le caractère provisoire de cette mesure.
Ce dossier sensible pourrait rapidement devenir un nouveau point de crispation politique en République démocratique du Congo.
Martin Lunyengu

