Depuis Goma, Joseph Kabila s’exprime publiquement pour la première fois depuis plusieurs mois, dénonçant les agissements du pouvoir actuel en République démocratique du Congo (RDC). Dans un entretien accordé au média La Libre Belgique, le président honoraire exprime son désarroi et appelle à la mobilisation de tous les Congolais.
» Je ne pense pas à demain, je pense à aujourd’hui » affirme-t-il. » Il faut mettre fin à cette dictature, cette tyrannie qui vient de s’installer « .
Pour y arriver, il faut mobiliser et sensibiliser tous les Congolais, qu’ils soient en exil ou à l’intérieur du pays. Cela doit devenir une mission pour chacun de nous. Et pour en finir avec ce régime, les Congolais ont à leur disposition l’article 64 de la Constitution, qui oblige tout citoyen à s’opposer à toute prise de pouvoir par la force ou en violation de la Constitution. »
Kabila évoque également la gravité de la crise actuelle, qu’il compare à celle du Soudan.
» Beaucoup parlent de balkanisation, moi je parle de la ‘soudanisation’ de la RDC. Il y a des similitudes entre notre situation et ce qui a conduit à l’implosion du Soudan « .
Le président honoraire revient sur l’incident récent d’un drone qui aurait visé sa personne.
» On a toujours été visés par le régime de Kinshasa. Était-ce moi personnellement ou la population congolaise qui était ciblée, comme elle l’est depuis des mois dans le Masisi, sur les Hauts Plateaux et ailleurs ? Des enquêtes sont en cours. Mais je garde le moral « , assure-t-il.
Sur sa présence dans la ville de Goma, siège de l’AFC/M23, qui suscite de nombreuses interrogations, Joseph Kabila tient à préciser :
» Goma, c’est chez moi. Je vous reçois dans la maison que j’ai achetée en 1999. L’acharnement contre ma personne et ma famille politique a commencé en 2019, bien avant la naissance de l’AFC/M23. Je considère avoir le droit d’être en contact et de parler avec tous les Congolais, avec pour objectif principal la cohésion et la paix. Pour moi, c’est même une mission. «
L’ancien chef de l’État condamné par la justice congolaise se dit serein et prêt à jouer son rôle dans le rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC tout en dénonçant la présence des armes étrangères sur le sol congolais.
Martin Lunyengu

