Maniema : Une pétition contre le gel des comptes de la Fondation Mapon divise l’opinion

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Un appel à mobilisation citoyenne suscite des réactions contrastées au sein de la population du Maniema. Le Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (BIDH), à travers son coordonnateur provincial, KANGELA MWANGA Trésor, a lancé ce lundi 23 mars 2026 une pétition qui vise à obtenir la levée du gel des comptes de la Fondation Mapon.

Selon le BIDH, cette mesure, ordonnée par le procureur près la Cour constitutionnelle, a déjà des répercussions négatives sur plusieurs secteurs sociaux. « Nous observons des difficultés d’accès aux médicaments ainsi que des perturbations dans le fonctionnement de certaines structures éducatives soutenues par la fondation », a déclaré KANGELA MWANGA Trésor. Il estime que cette décision est « anticonstitutionnelle » et appelle la population à se mobiliser massivement pour obtenir la levée de cette mesure.

Dans cette optique, des équipes du BIDH ont été déployées dans différentes communes de Kindu, notamment dans les marchés et les parkings, afin de recueillir des signatures. L’initiative est présentée comme une action citoyenne qui vise à défendre les droits fondamentaux.

Sur le terrain, les avis restent toutefois partagés.

Certains habitants soutiennent la démarche. « Si la fondation aide dans la santé et l’éducation, il est normal de demander la levée du gel pour que les activités reprennent », estime un habitant rencontré au marché central de Kindu par le reporter de kinpressactu.cd. Une autre citoyenne abonde dans le même sens : « Nous souffrons déjà du manque de médicaments. Si cette décision aggrave la situation, il faut la revoir. »

Mais d’autres voix s’élèvent pour s’opposer à cette pétition, évoquant le respect des institutions judiciaires et des principes de l’État de droit. « On ne peut pas s’opposer à une décision de justice au nom des droits de l’homme. La loi doit être respectée », affirme un motard interrogé dans un parking de la ville. Un autre habitant renchérit : « Les droits de l’homme ne doivent pas être utilisés pour contester le travail du procureur. Si les comptes ont été gelés, c’est qu’il y a des raisons. »

Cette divergence d’opinions montre le débat qui anime actuellement la population du Maniema, entre préoccupations sociales et respect des décisions judiciaires.

Pour l’heure, aucune réaction officielle du parquet près la Cour constitutionnelle n’a été enregistrée concernant cette initiative du BIDH.

Emmanuel NDJADI Pascal

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