Plus de deux mois après le lancement officiel des travaux de réhabilitation de la route Kindu–Kibombo, exécutés selon la méthode HIMO (Haute Intensité de Main-d’Œuvre), le chantier connaît un ralentissement notable. C’est le constat fait par le reporter de kinpressactu.cd, à la suite d’une descente effectuée sur le tronçon concerné ce Jeudi 30 avril 2026.
Sur place, l’équipe de reportage a observé une progression inégale des travaux : certains axes sont bien aménagés, tandis que d’autres semblent avoir été laissés de côté par les équipes de cantonniers. Entre Mikelenge et Lubelenge, moins de cinq kilomètres auraient été réhabilités depuis le début du projet, sur l’ensemble du tronçon menant vers Kibombo.
Si certains acteurs locaux saluent les avancées enregistrées, d’autres expriment des inquiétudes face aux difficultés qui freinent l’exécution normale des activités, notamment le retard de paiement des ouvriers.
Monsieur Ngumbu Syborge, présent sur le terrain, s’est montré globalement satisfait de l’évolution du chantier, tout en adressant ses encouragements aux autorités provinciales. « Nous félicitons le travail déjà réalisé et nous voyons une certaine évolution sur le terrain. Nous tenons aussi à remercier le gouverneur Musssa Kabwankubi pour la dotation des équipements de travail dans le cadre de la méthode HIMO, ce qui facilite un tant soit peu l’exécution des travaux », a-t-il déclaré.
Du côté des techniciens et cantonniers, le ton est plus préoccupé. Monsieur Matthieu, technicien intervenant sur le tronçon allant de Lubelenge jusqu’à la plaine du village Enombe, dénonce un retard de paiement qui impacte directement le rythme des travaux.
« Nous travaillons dans des conditions difficiles. Cela fait déjà plus de deux mois que nous n’avons pas été payés. Ce retard pousse les cantonniers à ralentir les activités, alors que nous sommes censés avancer selon le calendrier prévu », a-t-il expliqué.
Il appelle ainsi les autorités provinciales à régulariser la situation salariale des ouvriers afin de permettre la poursuite normale des travaux. « Nous demandons aux autorités de penser à nous et de payer les travailleurs à temps, car sans motivation, le travail ne peut pas avancer comme prévu », a-t-il ajouté.
Il convient de noter que ces travaux de réhabilitation sont financés grâce aux fonds issus de la taxe conventionnelle instaurée pour soutenir le développement de la province du Maniema.
Alors que les attentes de la population restent élevées quant à l’amélioration de la circulation sur cet axe stratégique, la question de suivi, du paiement des ouvriers et de la gestion du chantier demeure au cœur des préoccupations.
Emmanuel NDJADI Pascal

