RDC : Félix Tshisekedi annonce un dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État

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Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, annonce la convocation d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État. Il l’a fait savoir dans son discours du 28 août 2026, estimant que les processus diplomatiques engagés pour mettre fin aux crises dans l’est du pays ne suffisent pas, à eux seuls, à résoudre les fractures internes de la République démocratique du Congo.

Selon le Chef de l’État, les processus de Washington et de Doha, soutenus notamment par l’Union africaine et plusieurs partenaires régionaux et internationaux, doivent être poursuivis et leurs engagements pleinement exécutés. Ils peuvent contribuer à la cessation des hostilités, à l’assainissement des relations entre États et à la stabilisation de l’est du pays.

Mais pour Félix Tshisekedi, la paix durable dépend également de la capacité des Congolais à reconstruire leur cohésion nationale.

« Notre cohésion intérieure dépend avant tout de nous. Elle demeure le fondement le plus sûr de notre souveraineté et la meilleure garantie de notre avenir », a-t-il déclaré.

C’est dans cette perspective que le Président congolais dit avoir consulté les institutions de la République, les forces politiques et sociales, les confessions religieuses, les autorités coutumières, les milieux scientifiques ainsi que plusieurs personnalités nationales et certains dirigeants de la sous-région, avant de prendre la décision de convoquer ce dialogue.

Félix Tshisekedi présente ce forum comme une initiative souveraine, « conçue par les Congolais et pour les Congolais », qui sera organisée sur le territoire national et centrée sur les intérêts supérieurs de la nation.

L’objectif affiché est de réunir les différentes composantes de la société autour de quatre priorités : défendre la République, consolider la paix, préserver l’unité nationale et protéger les intérêts stratégiques du pays.

Le Président insiste toutefois sur les limites de ce dialogue. Celui-ci, affirme-t-il, ne constituera ni une négociation avec l’agresseur ou ses supplétifs, ni un mécanisme destiné à remettre en cause le résultat de l’élection présidentielle de 2023.

Il ne devra pas non plus entraîner la suspension des institutions de la République, qui, selon lui, continueront à exercer leurs prérogatives jusqu’à la fin constitutionnelle de leurs mandats.

L’une des particularités annoncées par le Chef de l’État concerne l’ancrage territorial du processus.

« Ce dialogue national se distinguera d’abord par son ancrage territorial. Il ne commencera pas à Kinshasa, mais au cœur de nos 26 provinces, de nos territoires et de nos communautés », a-t-il affirmé.

Avant la tenue des assises nationales, une vaste consultation politique et technique sera organisée dans chaque province. Des forums préliminaires réuniront notamment les populations, les autorités locales, les élus nationaux, les représentants des entités territoriales, les partis politiques de la majorité comme de l’opposition, la société civile, les autorités coutumières et les confessions religieuses.

Les milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques seront également associés à cette étape.

Chaque province devra établir son propre diagnostic sur les problèmes qui la touchent, notamment l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités et les obstacles au développement.

Le processus annoncé devrait également intégrer les femmes, les jeunes, les travailleurs, les personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, mais aussi les entrepreneurs, agriculteurs, enseignants, chercheurs, artistes, professionnels de santé et acteurs de l’économie informelle.

La diaspora congolaise devrait également être associée aux consultations.

Chaque groupe consulté sera appelé à formuler ses priorités et propositions. Ces différentes contributions seront ensuite regroupées dans un document de synthèse national devant servir de base aux assises nationales.

Pour Félix Tshisekedi, cette méthode doit permettre de faire des assises de Kinshasa non pas le point de départ, mais « l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays ».

Le Chef de l’État a également fixé les limites de l’inclusivité qu’il souhaite pour ce dialogue.

Il affirme qu’aucun citoyen ne doit être exclu en raison de ses opinions politiques, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion. Toutefois, il refuse que les groupes armés puissent utiliser le dialogue pour transformer leurs conquêtes militaires en légitimité politique.

« Aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît aux citoyens. Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a-t-il martelé.

Ainsi, ne pourront pas participer au dialogue en qualité de composante politique, selon les critères annoncés par le Président, les acteurs qui, au moment de l’ouverture du processus, combattent l’ordre constitutionnel par les armes, occupent une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent, selon Kinshasa, au service d’une puissance étrangère, notamment le Rwanda.

Le Président considère cette règle non comme une exclusion basée sur les personnes ou leurs opinions, mais comme une position de fermeté à l’égard de ceux qui prennent les armes contre la République.

« La démocratie nous autorise à nous opposer, la patrie nous interdit de nous déchirer »

Félix Tshisekedi appelle enfin les Congolais à dépasser les clivages politiques, idéologiques et communautaires afin de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des intérêts particuliers.

Pour lui, la cohésion nationale ne signifie pas la disparition des divergences ni la fin du pluralisme démocratique. Elle doit plutôt permettre aux Congolais de défendre des opinions et projets différents tout en préservant leur appartenance commune à la nation.

« Si la démocratie nous autorise à nous opposer, la patrie, elle, nous interdit de nous déchirer », a-t-il déclaré.

À travers ce dialogue national, le Président Tshisekedi entend donc engager un processus présenté comme une démarche de fond : ne plus seulement répondre aux crises successives, mais tenter d’en traiter les causes profondes, avec une participation annoncée des différentes composantes de la société congolaise et un point de départ dans les 26 provinces.

Emmanuel NDJADI Pascal

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