Conférence sur l’agriculture à Maniema : La société civile trace sa vision pour un développement durable à l’horizon 2030

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La société civile du Maniema a présenté, jeudi, une vision ambitieuse axée sur la gouvernance participative et l’accès aux droits sociaux et économiques, à l’issue de la conférence sur l’agriculture, l’environnement, le tourisme et l’eau pour le développement durable de la province.

Dans une déclaration lue lors de la clôture des assises organisées par le gouverneur Moussa Kabwankubi Moïse, les forces vives ont dressé un diagnostic sans complaisance de la situation dans ces quatre secteurs clés, tout en formulant des pistes de solutions.

D’entrée de jeu, la société civile a rappelé son rôle dans la consolidation de la démocratie et du développement.
« La société civile désigne l’ensemble des acteurs non étatiques et non commerciaux […] agissant pour l’intérêt public, la défense des droits ou des causes spécifiques », souligne la déclaration, précisant que sa mission est de « sensibiliser, éduquer à la citoyenneté, exercer un suivi du contrôle public et promouvoir le développement ».

Le Maniema dispose d’importantes potentialités environnementales, notamment ses vastes forêts, ses ressources hydriques et ses aires protégées comme le parc de la Lomami. Toutefois, la société civile alerte sur de graves menaces.

« La croissance démographique […] est à la base des menaces sérieuses sur les ressources environnementales », déplore-t-elle, citant notamment la déforestation, le braconnage, la pollution et les exploitations minières incontrôlées.

Elle pointe également « l’absence des espaces reboisés » et « la faible capacité des services de l’environnement à assurer le contrôle et le suivi ».

Sur le plan agricole, malgré des conditions naturelles favorables, les performances restent faibles.
La société civile évoque « l’absence ou l’impraticabilité des routes de desserte agricole », « l’utilisation des techniques rudimentaires » ainsi que « le manque d’encadrement technique des agriculteurs ».

Elle insiste également sur la nécessité de résoudre les conflits fonciers et de renforcer l’accès aux semences de qualité.

Concernant le tourisme, la province regorge de sites encore peu connus et non valorisés.
Cependant, « l’absence totale de politique relative à la réglementation et à la protection du tourisme » constitue un frein majeur à son développement, regrette la société civile.

Malgré une abondance en ressources hydriques, l’accès à l’eau potable reste très limité.
« C’est seulement 10 % de la population de la ville de Kindu qui ont accès à l’eau potable », souligne la déclaration, dénonçant également « des coupures récurrentes » et « la vétusté des équipements » de la REGIDESO.

La majorité des habitants recourt ainsi à des sources d’eau non sécurisées, exposant les populations à des risques sanitaires.

Face à ces défis, la société civile du Maniema propose une vision claire :
« À l’horizon 2030, une bonne gouvernance locale participative promue grâce à l’établissement d’une dynamique de dialogue interactif entre la société civile et les instances dirigeantes ».

Elle appelle à une implication accrue des autorités provinciales pour traduire en actes les recommandations issues de cette conférence.

« Il requiert l’implication du gouverneur de province […] d’apporter des réponses aux différentes recommandations ainsi formulées », conclut le document signé par Stéphane Kamundala.

Emmanuel NDJADI Pascal

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