Dans un ton ferme, l’opposant congolais, Denis Mukwege appelle à un sursaut international pour sauver l’Est de la République Démocratique du Congo en proie des violences et des massacres.

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a pris la parole le mardi 03 mars 2026 pour réagir aux nouvelles sanctions américaines visant le régime rwandais. Dans une déclaration ferme, le médecin congolais voit dans cette décision « une opportunité réelle de changer le cours des événements » dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Depuis novembre 2021, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu vivent au rythme des affrontements liés à la résurgence du M23, un conflit que Mukwege qualifie une nouvelle fois de « guerre d’agression et d’occupation ».
Pour lui, la décision du département de Trésor Américain, annoncée le 2 mars, marque un tournant diplomatique important.
Les sanctions ciblent les Rwanda Defence Force (RDF) ainsi que quatre hauts gradés accusés d’alimenter l’instabilité dans l’Est congolais.
Une mesure que le lauréat du Nobel considère comme « nécessaire », tout en rappelant qu’elle ne saurait suffire à elle seule pour mettre fin à la crise.
Au cœur de son plaidoyer figure l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige notamment un cessez-le-feu immédiat, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin du soutien au AFC/M23.
Mukwege appelle l’ensemble des partenaires de Kigali à « reconsidérer leurs relations » avec le Rwanda et à adopter des mesures concertées pour garantir le respect du droit international.
Le prix Nobel soulève également la participation du Rwanda aux missions de maintien de la paix des Nations Unies.
Alors que les États-Unis figurent parmi les principaux bailleurs des opérations onusiennes, il juge incohérent que des forces visées par des sanctions puissent continuer à être engagées sous mandat international.
Il rappelle que plusieurs rapports des Nations unies, dont le Rapport Mapping et les analyses successives des groupes d’experts, ont documenté des violations graves des droits humains dans la région des Grands Lacs.
Dans un ton grave, Denis Mukwege replace le débat au niveau humain : celui des populations déplacées, des familles brisées et des victimes de violences qui continuent d’affluer dans les hôpitaux de l’Est du pays.
Il exhorte l’Union Européenne, ainsi que des États comme la France et la Pologne, à suspendre leur coopération sécuritaire et à geler toute aide budgétaire directe au Rwanda. « La communauté des États ne peut continuer à laisser le droit international être défié sans réaction sérieuse », affirme-t-il.
Entre-temps c’est la diplomatie agissante du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi qui prend de plus en plus de l’ampleur aux yeux du Monde et met en mal le régime sanguinaire de Paul Kagame.
D. Kazadi

