La rédaction de Kinpressactu.cd a exploité, ce jeudi 25 Février 2026, le rapport du Ministère des Droits Humains consacré à la situation des droits humains dans les villes de Goma, Bukavu et leurs environs, sous occupation présumée du Rwanda et de ses supplétifs de l’AFC/M23, couvrant la période de janvier 2025 à janvier 2026.
Dans ce document, les autorités congolaises pointent comme principale cause de cette occupation « l’intensification du pillage des ressources naturelles » de la République démocratique du Congo. Le rapport évoque un phénomène qualifié de « GENOCOST », c’est-à-dire un génocide à motivation économique, découlant de l’exploitation illégale des richesses minières.
Selon les données présentées, plusieurs zones minières du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, seraient sous contrôle et exploitation systématique. Les minerais dits « 3T » – coltan, cassitérite et wolframite ainsi que la tourmaline y seraient extraits de manière intensive. Les zones de Ngungu, Rubaya, Kibabi et Masisi sont particulièrement citées, avec une multiplicité de sites miniers exploités quotidiennement.
Le rapport met en avant une situation très dangereuse dans la zone de Rubaya, où plus de 30 000 exploitants artisanaux seraient soumis à des travaux forcés. Ces derniers seraient contraints de produire chacun au moins 3 kilogrammes de coltan par jour. Cette exploitation générerait, selon les estimations, jusqu’à 6,3 millions de dollars américains par jour, soit 189 millions par mois, et plus de 2,2 milliards de dollars sur une année d’occupation.
Au-delà de l’exploitation économique, le document fait également état de graves atteintes aux droits humains. Parmi les faits rapportés figure l’assassinat d’un jeune homme le 20 mars 2025 à Ikoma, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), ainsi que des massacres ciblés de populations dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu.
Le Ministère des Droits Humains précise que ce rapport repose sur une méthodologie rigoureuse, qui combine enquêtes de terrain, témoignages, données factuelles et triangulation des sources. Il s’appuie également sur des informations issues de la presse, des sources étatiques, des rapports des Nations unies ainsi que de l’expertise onusienne et des acteurs communautaires.
Signalons que, À travers ce document, le gouvernement congolais entend alerter l’opinion nationale et internationale sur l’ampleur des violations en cours dans l’Est du pays, tout en appelant à une mobilisation accrue pour mettre fin à cette situation.
Emmanuel NDJADI Pascal

