RDC: « Les FDLR ne peuvent plus présenter une menace 32 ans après » selon le gouvernement congolais

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Accusant la République Démocratique du Congo de collaborer avec les FDLR, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya fixe l’opinion sur des sorties médiatiques ratées du Rwanda contre son pays.

Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a relancé le débat sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

Dans un message publié ce dimanche 22 février 2026 sur son compte X, le porte-parole du gouvernement s’interroge ouvertement sur la réalité de la menace que représenteraient encore les FDLR, plus de trois décennies après leur création.

« Les FDLR : l’éternel prétexte »

Dans une prise de position au ton direct, Patrick Muyaya questionne :
« Est-ce que ces FDLR qui ont fui le Rwanda en 1994 peuvent aujourd’hui, 32 ans après, représenter une menace contre le régime rwandais ? Non ! »

Pour le ministre, l’argument sécuritaire avancé depuis des années pour justifier certaines interventions dans l’est du pays ne résiste plus à l’épreuve du temps.
Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), composées à l’origine d’éléments ayant fui le Rwanda après le génocide de 1994, sont régulièrement citées par Kigali comme une menace persistante à sa sécurité nationale.

Mais Kinshasa remet de plus en plus en cause cette justification.

Retour sur des décennies de conflits

Patrick Muyaya rappelle que depuis 1997, l’est congolais a connu plusieurs cycles d’occupation et de rébellions soutenues par le Rwanda.

Il évoque notamment le rôle du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), qualifié de « triste mémoire », qui a contrôlé une partie du Nord-Kivu pendant plusieurs années.

« Pourquoi n’ont-ils pas mis fin à la menace des FDLR durant ces périodes d’occupation ? », s’interroge-t-il.

Entre 2009 et 2020, souligne-t-il également, les Forces Armées de la RDC (FARDC) ont mené plusieurs opérations militaires contre les FDLR, parfois en collaboration avec les Forces de Défense Rwandaises (RDF).

Ces opérations ont abouti, à la neutralisation de leur leader et au rapatriement de milliers de combattants vers le Rwanda.

« La vérité, c’est que le FDLR : c’est l’or, le coltan et toutes les ressources que regorge cette partie de notre pays, les vraies raisons de la guerre. » affirme-t-il.

En posant publiquement la question de la pertinence de la menace des FDLR, Patrick Muyaya contribue à relancer un débat sensible : celui des véritables motivations derrière les cycles répétés de violence dans l’Est congolais.

D. Kazadi

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