Sud-Kivu : recrudescence inquiétante des cas de suicides, la société civile tire la sonnette d’alarme

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La province du Sud-Kivu est confrontée ces derniers mois à une augmentation préoccupante des cas de suicides, une situation attribuée en grande partie au contexte social, sécuritaire et psychologique difficile que traverse la région.

Dans une interview accordée à kinpressactu.cd ce jeudi 22 janvier 2026, Jean Moro Tubibu, acteur de la société civile, qualifie cette réalité de « choquante » et estime qu’elle perturbe gravement la quiétude de la population.

« Nous observons une montée des cas de suicides dans la province du Sud-Kivu, particulièrement dans le territoire de Kabare qui enregistre au moins un cas par mois », a-t-il alerté.

Selon lui, le territoire de Kabare demeure à ce jour la zone la plus touchée. Le dernier cas signalé remonte au dimanche 18 janvier 2026, dans le village de Chirato, où un jeune homme âgé de 21 ans a perdu la vie après une longue période de détresse psychologique et de stress intense.

« La victime traversait une période de traumatisme depuis plusieurs mois. Faute d’un accompagnement psychologique adéquat, il n’a pas réussi à supporter la pression », a expliqué Jean Moro Tubibu avec regret.

Des données compilées par la société civile indiquent qu’entre février 2025 et janvier 2026, une dizaine de cas de suicides ont été enregistrés dans le seul territoire de Kabare, un chiffre jugé alarmant par les acteurs communautaires.

Face à cette situation préoccupante, Jean Moro Tubibu appelle la population à faire preuve de résilience et à ne pas céder au désespoir.

« Nous demandons à la population d’accepter les difficultés de la vie, car toute situation, aussi difficile soit-elle, reste passagère. La vie humaine est sacrée et mérite d’être protégée », a-t-il insisté.

Il lance par ailleurs un appel pressant aux médias, aux leaders communautaires, aux responsables religieux ainsi qu’aux professionnels de la santé mentale afin qu’ils s’impliquent davantage dans la sensibilisation, l’écoute et la prévention, en vue de freiner cette tendance inquiétante.

Emmanuel NDJADI Pascal

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