Sud-Kivu : Route Bukavu–Kigulube, un espoir de reprise après des mois de silence

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Après plus de quatre mois de silence, la route Bukavu–Kigulube, surnommée « Kimbili » par les habitués, pourrait enfin revivre son ambiance. L’annonce a été faite ce week-end par Drid Bampa, responsable de l’association Lukumbi, à l’issue de plusieurs échanges avec les communautés locales.

La reprise du trafic, prévue pour ce lundi 12 janvier, dépend encore de l’aval des autorités. Il faudra notamment le feu vert du gouverneur du Sud-Kivu, Patrick Busubwangwi, sous l’administration de l’AFC-M23, ainsi que celui du commandant des FARDC stationné à Kigulube. Sans ces garanties, impossible d’assurer la sécurité des voyageurs sur cet axe longtemps meurtri.

La route Bukavu–Kigulube, c’est bien plus qu’un simple ruban de terre: c’est une artère importante pour les échanges, les soins, la vie. Depuis sa fermeture, cette zone vit au ralenti. Les affrontements entre les FARDC, appuyés par les Wazalendo, et les forces de l’AFC-M23 ont plongé la cette partie dans l’insécurité. Une vingtaine de villages, entre Nzibira, Isezya, Evari et Kigulube, ont été vidés de leurs habitants.

L’annonce d’une possible réouverture est accueillie avec un mélange d’espoir et de prudence. Les commerçants, les transporteurs, les motocyclistes tous ceux qui vivent de cette route croisent les doigts. Mais beaucoup appellent à la vigilance, car sans un renforcement durable de la sécurité, le risque d’un retour en arrière reste bien réel.

Drid Bampa, lui, appelle à la mobilisation. Il encourage les usagers à se préparer à reprendre progressivement leurs activités. Car soutient il, l’impact de cette fermeture se fait sentir jusque dans les assiettes et les hôpitaux: les prix ont explosé. Un litre de sérum, par exemple, coûte aujourd’hui entre 30 000 et 50 000 francs congolais. Pour les familles isolées, se soigner est devenu un luxe.

Signalons enfin que, Pour l’instant, la population retient son souffle. Chacun espère que cette annonce ne sera pas une fausse alerte, mais bien le début d’un retour à la normale.

Emmanuel NDJADI Pascal

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