Après la chute d’Uvira, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi mobilise le gouvernement pour secourir les déplacés au Burundi et en Tanzanie.
La chute de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23 a plongé des dizaines de milliers de familles congolaises dans une détresse profonde.
Fuyant les combats, la peur et l’incertitude, plus de 200 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs maisons, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).
Derrière ces chiffres se cachent des vies bouleversées : des enfants arrachés à leur quotidien, des femmes et des personnes âgées livrées à l’exil et à la précarité.
Face à l’ampleur de cette tragédie humaine, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a instruit, ce vendredi 12 décembre lors du conseil des ministres, la Première Ministre, Judith Suminwa ainsi que l’ensemble du gouvernement de préparer en urgence une mission humanitaire à destination du Burundi et de la Tanzanie, pays qui accueillent actuellement de nombreux déplacés congolais.
L’objectif est « d’apporter l’assistance humanitaire nécessaire à nos compatriotes qui se sont déplacés à la suite de ces événements ».
Cette mission devra permettre d’évaluer les besoins réels sur le terrain et d’apporter une aide concrète : nourriture, soins de santé, abris d’urgence, mais aussi un accompagnement psychologique pour des populations profondément traumatisées par la violence et la fuite forcée.
Pour beaucoup de déplacés, l’urgence n’est pas seulement de survivre, mais aussi de retrouver une dignité mise à rude épreuve par la guerre.
En toile de fond de cette crise humanitaire, une réalité s’impose avec force : sans paix durable, l’Est de la RDC restera un foyer de souffrances et d’exils forcés. La tragédie d’Uvira rappelle que la réponse ne peut être uniquement humanitaire, aussi indispensable soit-elle.
Elle doit avant tout être politique, sécuritaire et diplomatique. Restaurer la paix dans cette région meurtrie, c’est offrir aux déplacés bien plus qu’une aide d’urgence : c’est leur redonner l’espoir de rentrer chez eux, de reconstruire leurs vies et de transmettre à leurs enfants un avenir libéré de la peur.
La paix dans l’Est de la RDC n’est pas seulement une exigence nationale, elle constitue une responsabilité régionale et internationale.
D. Kazadi

