Crise dans la région des Grands Lacs, la France veut instaurer une paix définitive.
Le 30 octobre prochain, Paris sera le théâtre d’un rendez-vous diplomatique à haute portée symbolique : le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame s’y retrouveront à l’occasion de la Conférence Internationale de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs.
Organisée à l’initiative de la France, en partenariat avec le Togo, médiateur mandaté par l’Union Africaine, cette rencontre se tiendra en marge du Forum de Paris sur la Paix. Selon des sources citées par Africa Intelligence, sept chefs d’État sont attendus à ce rendez-vous diplomatique, dans un contexte toujours marqué par la guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
Un face-à-face attendu?

Pour de nombreux observateurs, la participation simultanée de Tshisekedi et Kagame est déjà en soi un signal fort. Depuis quelques temps, les relations entre Kinshasa et Kigali sont gelées, empoisonnées par le conflit qui ravage le Nord-Kivu, où les rebelles du M23 continuent d’affronter les forces congolaises.
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir militairement cette rébellion ce que Kigali nie catégoriquement.
Au-delà des discussions sécuritaires, Paris souhaite aussi mettre en avant un volet économique : faire de la paix un levier de développement, en encourageant la coopération régionale dans les domaines de l’énergie, du commerce et des infrastructures.
Une main tendue de Tshisekedi?
Ce nouveau round diplomatique intervient dans la foulée d’un geste d’ouverture du président congolais.
Le 9 octobre dernier, à Bruxelles, lors du Global Gateway Forum, Félix-Antoine Tshisekedi avait lancé un appel direct à Paul Kagame, l’invitant à « faire la paix des braves » et à tourner la page des confrontations.
Une phrase qui avait fait écho à la lassitude d’une population congolaise épuisée par la guerre et l’insécurité.
Reste à savoir si cette rencontre parisienne débouchera sur des actes concrets. Les précédentes initiatives de Luanda à Nairobi, en passant par Washington et Doha sont souvent buté à une méfiance mutuelle et une persistance des combats sur le terrain.
D. Kazadi

