Lubutu: La société civile dénonce les grèves prolongées des enseignants et les frais scolaires abusifs

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Le mécontentement grandit au sein de la population de Lubutu, dans la province du Maniema, face à la persistance des grèves des enseignants sur l’ensemble du territoire national, et particulièrement dans cette partie du maniema. Ces arrêts de travail, qui durent depuis plusieurs années, ont connu un pic inquiétant avec deux mois de paralysie totale (juillet et août 2025), compromettant gravement le respect du calendrier scolaire et la mise en œuvre du programme national de l’enseignement maternel, primaire et secondaire.

La société civile locale, par la voix de Mutoro Mumbere Jean Pierre, président de cette structure citoyenne des Forces Vives de Lubutu, tire la sonnette d’alarme. Elle dénonce non seulement l’inaction du gouvernement face aux revendications des enseignants, mais aussi les pratiques jugées abusives dans les établissements scolaires. « Il est inadmissible que les parents soient contraints de payer 2 500 FC pour une fiche de mouvement imposée par le service SERNIE, alors que les écoles sont paralysées. Certains chefs d’établissement exigent même l’achat des fournitures scolaires supplémentaires, ce qui pénalise davantage les familles déjà fragilisées », a déclaré Mutoro Mumbere.

Selon lui, ces pratiques constituent une double injustice: d’un côté, les enseignants ne sont pas payés à temps, ce qui les pousse à la grève; de l’autre, les parents sont soumis à des frais injustifiés, sans garantie d’un enseignement régulier pour leurs enfants. « Nous dénonçons et condamnons énergiquement ces actes. Le gouvernement congolais doit assumer ses responsabilités en payant les enseignants dans les délais et en mettant fin à ces pratiques qui ternissent l’image de nos institutions », a-t-il ajouté.

Signalons que, la société civile prévient que si rien n’est fait, elle pourrait recourir à l’article 26 de la Constitution, qui garantit le droit à l’éducation pour tous. Elle appelle à une mobilisation citoyenne pour exiger des réformes concrètes et urgentes.

Emmanuel NDJADI Pascal

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