Maniema: Kindu rend hommage à quatre militaires tombés lors des affrontements du 14 août

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Une atmosphère lourde de douleur et de recueillement a enveloppé la tribune centrale de Kindu ce mercredi 20 août 2025, alors que la ville rendait un dernier hommage à quatre militaires tués dans les violences du 14 août. Deux d’entre eux appartenaient aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les deux autres à la Police nationale congolaise (PNC). Tous ont perdu la vie lors des affrontements entre les éléments dits « Wazalendo » et les forces régulières dans plusieurs coins du quartier Tokolote en plein centre ville de Kindu.

La cérémonie a débuté par un culte mixte d’aumônerie, réunissant les corps des FARDC et de la PNC dans une prière commune. Avant que le gouverneur de province ne prenne la parole, les commandos, les unités de la police, ainsi que de nombreuses personnalités politiques et militaires étaient déjà présentes. Parmi eux, le général des FARDC et de la PNC, le président de l’Assemblée provinciale du Maniema, et plusieurs figures marquantes de la société civile et leurs familles.

Dans son discours, le gouverneur a salué le courage et le sacrifice de ces hommes tombés pour la paix et la stabilité du Maniema, avant d’appeler à « l’unité et à la vigilance face aux menaces internes ».

Parmi les proches venus faire leurs adieux, la douleur était palpable. Marie-Louise Kingombe., sœur de l’un des policiers tués, confie: « Mon frère n’avait que peu d’années. Il rêvait de servir son pays avec honneur. Ce matin-là, il m’a dit qu’il allait assurer la sécurité d’un quartier sensible. Il n’est jamais revenu. Nous demandons que justice soit faite et que son sacrifice ne soit pas oublié. »

De son côté, Jean-Pierre Iyonde, proche d’un soldat FARDC tombé lors de ces affrontements, exprime sa douleur : « Mon Ami était mon seul soutien. Il croyait en la paix, il croyait en l’unité. Aujourd’hui, je pleure un héros, mais je pleure aussi l’insécurité qui nous ronge. Que les autorités prennent leurs responsabilités. »

Les affrontements du 14 août ont ravivé les inquiétudes sur la sécurité à Kindu, où les tensions entre groupes armés et forces régulières persistent. Les autorités locales ont promis l’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités et prévenir de nouvelles escalades.

Signalons que, en attendant, Kindu pleure ses fils tombés, la population espère que ce deuil collectif marquera le début d’un sursaut pour la paix.

Emmanuel NDJADI Pascal

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