Sud-Kivu : Interdiction de voyager avec des documents de l’AFC/M23: la Société Civile du Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme

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Le Bureau de la coordination de la Société Civile du Sud-Kivu s’oppose fermement à une nouvelle mesure prise par la Direction Générale de Migration (DGM). Cette décision interdit aux voyageurs munis de documents délivrés dans les zones contrôlées par la rébellion AFC/M23 de monter à bord des avions. Pour la Société Civile, cette mesure risque d’aggraver la situation humanitaire dans la province.

Dans une lettre datée du 30 juillet et parvenue à notre rédaction ce 1er août, la Société Civile exprime sa vive inquiétude. Elle dénonce une directive venue de Kinshasa, qui demande aux compagnies aériennes de refuser l’embarquement aux personnes possédant des documents migratoires émis par l’administration rebelle.

Plusieurs Congolais se retrouvent déjà bloqués dans des aéroports étrangers, notamment à Nairobi (Kenya) et à Addis-Abeba (Éthiopie). Ils ont présenté des documents comme des CEPEGL ou des attestations faisant office de passeport, délivrés dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Désormais, seuls les papiers officiels émis par Kinshasa sont acceptés pour entrer ou sortir du pays.

La Société Civile souligne que cette mesure vient s’ajouter aux difficultés déjà vécues par les populations. Les routes entre Bukavu et Uvira sont devenues presque impraticables. Elles sont contrôlées par des groupes armés, dont l’AFC/M23 et les Wazalendo. Pour passer, les voyageurs doivent parfois payer jusqu’à 500 000 francs congolais, soit près de 200 dollars, pour franchir les barrières en cachette.

Cette interdiction touche particulièrement les malades chroniques qui doivent se rendre au Burundi pour se faire soigner. Elle affecte aussi les étudiants congolais inscrits dans les universités burundaises. Beaucoup risquent d’abandonner leurs études faute de pouvoir voyager.

La Société Civile du Sud-Kivu appelle le gouvernement congolais à revoir cette décision. Elle demande un assouplissement des règles pour permettre aux citoyens de se déplacer librement, malgré le contexte de guerre. Elle prévient qu’une crise humanitaire et sanitaire pourrait éclater si rien n’est fait.
« Il faut penser aux gens, pas seulement à la politique », conclut le communiqué.

Emmanuel NDJADI Pascal

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