Ce vendredi, le territoire de Walikale, situé au cœur du Nord-Kivu, a connu un calme précaire, marquant une pause dans les hostilités qui ont secoué ce territoire en début de semaine. Les affrontements, opposant les rebelles du M23, soutenus par des éléments des Forces de Défense Rwandaises (RDF), aux milices locales Wazalendo, ont causé d’énormes dégâts dans les villages de Kalembe, Ihula, Mpeti, Kattobo et Minjenje.
La violence inouïe des attaques a contraint de nombreux habitants à fuir leurs foyers, provoquant un afflux massif de déplacés vers des zones jugées relativement sûres. L’hôpital général de Pinga, désormais transformé en refuge d’urgence, se retrouve saturé par un afflux de civils épuisés par les événements tragiques qui se déroulent autour d’eux.
Cependant, les conditions de vie y sont alarmantes. « Ceux qui sont restés souffrent terriblement. Ici, nous sommes nombreux, l’hôpital n’a même pas de médicaments. Nous demandons au gouvernement d’intervenir pour restaurer la paix dans cette région », déclare un habitant de Pinga abrité dans les locaux de l’hôpital, dans un témoignage devant le reporter de kinpressactu.cd en séjour à Walikale.
Le Dr Théophile Mukandirwa, médecin à l’hôpital général de Pinga, a rapporté que plus de 3 000 ménages, représentant environ 15 000 personnes, sont entassés dans les couloirs de cet établissement déjà surchargé. Les services hospitaliers peinent à répondre aux besoins élémentaires de ces déplacés, et l’absence de soutien humanitaire augmente la situation déjà qui est critique.
L’offensive militaire actuelle du M23, qui trouve son origine dans le territoire voisin de Masisi, a pour objectif de sécuriser la localité stratégique de Kalembe. Grâce à cette position, les rebelles ont pu mener une série d’assauts sur plusieurs villages de Walikale, contrôlant désormais une dizaine d’entre eux. Cette expansion territoriale semble viser à asseoir leur présence dans une région riche en ressources minières, ajoutant une dimension économique à ce conflit déjà complexe.
Face à l’ampleur de la crise humanitaire, les acteurs locaux et les organisations de la société civile interpellent le gouvernement congolais ainsi que la communauté internationale sur la nécessité de prendre des mesures urgentes. Ils réclament une aide humanitaire immédiate pour soulager le sort des familles piégées dans les combats et garantir leur sécurité.
Le déplacement massif vers d’autres localités telles que Nyabiondo, Mutongo, Miseke, Kaseke, et même jusqu’à Goma, illustre le désespoir grandissant des habitants de Pinga et de ses environs. Des actions concrètes s’imposent pour éviter une détérioration supplémentaire des conditions de vie déjà précaires de ces populations vulnérables.
Emmanuel NDJADI Pascal

