Depuis plusieurs jours, le nord du territoire de Walikale, au Nord-Kivu, est le théâtre de violents affrontements armés opposant les forces de Volontaires de Défense du Peuple (VDP) aux combattants du mouvement M23. Ces hostilités ont été déclenchées dans les villages de Kalonge et Ihula, situés dans le groupement Kisimba, au cœur du secteur de Wanianga.
Les affrontements, initialement circonscrits à ces localités, se sont rapidement étendus jusqu’à Mindjendje, où des échanges de tirs nourris entre les belligérants ont perduré jusqu’au 28 octobre 2024. La situation est devenue alarmante, suscitant l’inquiétude des organisations humanitaires et des observateurs de cette partie du Nord-Kivu.
Dans un communiqué de presse publié à Goma le 28 octobre, le Bureau d’Études pour le Développement de Walikale (BEDEWA) a rapporté des dégâts collatéraux considérables, avec un bilan provisoire de 34 personnes tuées, dont 20 à Ihula, 4 à Kalembe et 10 à Mindjendje. De plus, de nombreux blessés par balles sont à déplorer dans la zone, et un notable local, KAKIRI MISARI, est porté disparu. Les violences ont également entraîné l’incendie de plusieurs maisons à Minjenje.
Selon les premières estimations fournies par le BEDEWA, près de 15 000 ménages des villages environnants, notamment Mindjendje, Mpeti, Mera et Malemo, se retrouvent dans une situation de débandade. De nombreux habitants ont fui vers la brousse, se retrouvant sans abri ni nourriture. Le communiqué souligne avec une gravité poignante : « Les femmes enceintes, les enfants, les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées sont exposés à toute sorte d’intempéries, mieux à la mort».
Le rapport indique également que d’autres familles ont pris la direction des axes Buhimba, Pinga et Bihiri, où elles sont accueillies dans les villages de Biroga, Iteya, Mbobi, Kilinga, Bikohwa et Buhimba, au nord de Minjenje. À l’ouest, des réfugiés affluent vers les localités de Biriba, Buhaya, Ngomito, Burayi, Pinga Nkasa et Katanga.
Face à cette crise humanitaire, l’Hôpital Général de Pinga, seul établissement capable de traiter les blessés, se retrouve à court d’intrants médicaux essentiels, ce qui complique davantage la prise en charge des victimes.
Dans ce contexte alarmant, le BEDEWA appelle le gouvernement congolais à prendre des mesures immédiates pour protéger l’intégrité territoriale du pays et renforcer la sécurité des civils et de leurs biens. L’organisation exhorte également les agences humanitaires et les Nations Unies à apporter une aide urgente à ces milliers de déplacés, qui vivent dans des conditions de vie inhumaines.
« Nous demandons au peuple de Walikale de s’unir comme un seul homme derrière les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les Wazalendu. À tout le peuple congolais, d’être solidaire face à cette situation embarrassante, » conclut le communiqué, appelant à une mobilisation générale pour faire face aux défis auxquels la région est confrontée.
Emmanuel NDJADI Pascal

