Ce vendredi 27 septembre 2024, la Force Syndicale Nationale (FOSYNAT) du Nord-Kivu a exprimé son regret face à la récente fixation des frais scolaires consécutive à un arrêté émanant du Gouverneur militaire, en conformité avec les directives du ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST).
Georges Bareberaho, vice-président de la FOSYNAT, a mis en avant une collusion déplorable entre certains membres du comité provincial de sécurité et le Gouverneur, dénonçant ainsi un processus décisionnel opaque.
« Nous regrettons amèrement que des éléments au sein du comité provincial de sécurité aient, en complicité avec le Gouverneur militaire, pris la décision de déterminer les frais scolaires pour les instituts publics au niveau secondaire », a-t-il déclaré, accentuant ainsi une dynamique de méfiance envers les autorités locales.
Cette interpellation de FOSYNAT met en exergue des inquiétudes croissantes parmi les différents acteurs du secteur éducatif, qui voient d’un mauvais œil une réduction des frais scolaires, estimée à environ 40 % par rapport à l’année antérieure. Les charges imposées aux parents d’élèves s’établissent désormais à 160 dollars par an, contre 215 dollars l’année précédente. Une diminution considérable qui, selon Bareberaho, risque de compromettre sérieusement le bon fonctionnement des établissements éducatifs publics. « Avec une telle réduction, nous nous trouvons dans l’impossibilité de garantir une rémunération décente aux enseignants, dont les conditions de vie demeurent précaires », a-t-il souligné.
Ce climat de tension pose de nombreuses interrogations sur la durabilité d’un système éducatif déjà affaibli par une multitude de défis structurels et conjoncturels. Le vice-président de FOSYNAT a enjoint les autorités compétentes à reconsidérer cette décision, afin d’éviter des remous pouvant entraver le bon déroulement de l’année scolaire. Cette situation dans le Nord-Kivu reflète une tension latente entre les nécessités budgétaires et les impératifs d’offrir une éducation de qualité, cruciale pour l’émancipation et le développement de cette région.
Les acteurs éducatifs espèrent, en cet instant critique, que les décideurs prendront conscience de l’importance de leurs préoccupations, afin de garantir une année scolaire non seulement pacifique, mais également fructueuse, afin de permettre à chaque élève de jouir de son droit à l’éducation dans des conditions propices à l’apprentissage.
L’avenir éducatif du Nord-Kivu pourrait bien reposer sur les choix stratégiques opérés aujourd’hui par les autorités locales.
Emmanuel NDJADI Pascal

