Dans un contexte où l’accès à l’éducation est érigé en droit fondamental par la constitution congolaise, le Sud-Kivu se trouve en proie à des dérives alarmantes. Le Consortium des Jeunes Engagés pour le Développement du Sud dit Jogoo za Serkali, s’érige en sentinelle contre les antis valeurs qui gangrènent le système éducatif local. Au cœur de cette tourmente, l’École Primaire Collège AlfaJiri s’illustre par ses pratiques jugées répréhensibles, remettant en cause le principe de la gratuité de l’enseignement de base.
Les investigations menées par nos soins révèlent une réalité troublante , à l’Ép. Collège AlfaJiri, où chaque élève est contraint de s’acquitter d’une somme de 70 dollars par trimestre. Cette contribution, considérée comme exorbitante dans le contexte socio-économique du Sud-Kivu, est versée à la Coopec CAHI, un compte prétendument cogéré par le responsable de l’école et le président du comité des parents. Cette situation soulève des interrogations quant à la légalité d’une telle pratique, alors que le droit à l’éducation gratuite est inscrit dans l’article 43 de la constitution.
« Les familles sont accablées par ces frais exorbitants alors que la loi garantit la gratuité de l’enseignement. Nous ne pouvons rester les bras croisés face à cette injustice », déclare Albert Matabaro, responsable du Consortium.
Il est d’autant plus préoccupant de constater que cette institution a ouvert ses portes depuis le 2 septembre 2024, tandis que d’autres écoles publiques respectent scrupuleusement la gratuité de l’enseignement, laissant leurs élèves en attente. Cette iniquité met en lumière une fracture au sein du système éducatif, où le droit à l’éducation se heurte à des intérêts financiers inavoués.
La situation est d’autant plus alarmante que, malgré la circulaire émise par la ministre de l’Éducation Nationale, Raïssa Malu Dinanga, le 12 août 2024, interdisant formellement toute vente de fournitures scolaires et le paiement de frais divers, l’Ép. Collège AlfaJiri semble faire fi de cette directive. Ce mépris manifeste pour les règlements en vigueur ne peut demeurer sans réponse.
« Nous sommes déterminés à faire respecter les droits des élèves et à dénoncer ces pratiques qui mettent en péril l’avenir de nos enfants. Nous n’hésiterons pas à saisir la justice si nécessaire », affirme Élie Balemba, également responsable au sein du consortium.
Il est impératif de rappeler que l’éducation est un droit inaliénable, et il est inconcevable qu’un groupe d’individus, mus par des intérêts égoïstes, compromette l’avenir des jeunes Congolais. Face à ces abus, le Consortium des Jeunes Engagés pour le Développement du Sud annonce la mise en place d’actions d’envergure. Une équipe d’enquête se déploie sur le terrain, et le recours à la justice apparaît désormais comme une nécessité incontournable pour faire respecter les droits des élèves.
Le message est clair, déclare ce membre du consortium, « plus jamais nous ne tolérerons que les valeurs fondamentales de notre constitution soient piétinées ».
La lutte pour une éducation gratuite et de qualité à Bukavu et dans tout le Sud-Kivu est en marche.
Emmanuel NDJADI Pascal

