Dans la soirée de ce lundi 23 septembre, un acte de justice populaire s’est illustré dans un contexte de violence et d’insécurité, au cœur du quartier Virunga de Goma.
Tard la soirée, un vendeur de crédits téléphoniques, paisiblement installé près du marché Virunga, a été la cible d’une attaque audacieuse orchestrée par un groupe de malfaiteurs motorisés. L’agression a laissé la victime gravement blessée, victime de plusieurs tirs d’arme à feu.
Les témoins de cette tragédie rapportent que les assaillants ont réussi à dérober des sacs remplis d’argent ainsi que d’autres effets personnels, abandonnant leur victime dans un état critique. Dans un retournement inattendu, l’un des braqueurs a chuté de sa moto pendant leur fuite, laissant derrière lui une partie du butin mais aussi son arme de poing, de type AK-47. Ce moment de chaos a suscité une réaction immédiate de la part des passants, qui, animés de colère, ont entrepris de se faire justice eux-mêmes.
« La population n’a pas voulu attendre les forces de l’ordre. Elle a agi rapidement », a déclaré un témoin, mettant en lumière le désespoir ambiant face à l’incapacité des autorités à garantir la sécurité des citoyens. Opérée par des frustrations accumulées, la foule en émoi a lynché le présumé braqueur, remportant une victoire, d’une ironie saisissante, contre l’insécurité qui règne en maître dans leur quartier.
Ce lynchage est intervenu dans la même journée où les habitants de ce quartier pleuraient le corps sans vie d’une fillette de douze ans, kidnappée quelques jours plus tôt et retrouvée sans vie dans le même secteur. Cette tragédie a exacerbé la peur ambiante, attisant une colère déjà sourde au sein de la population, constamment en proie à l’incertitude et au désespoir.
« Nous sommes fatigués de vivre dans la peur. Nous voulons des mesures concrètes contre la criminalité », a exprimé un habitant, illustrant le désespoir grandissant face à l’absence de sécurité. Les appels à un renforcement de l’état de siège se multiplient, mais la méfiance envers les institutions censées protéger les citoyens persiste, alimentée par la crainte que les promesses de protection demeurent vaincues par l’inefficacité.
Dans une ville où le quotidien est devenu synonyme de survie, le spectacle d’une justice expéditive soulève de profondes interrogations sur l’état de droit et la place des forces de l’ordre dans la lutte contre l’insécurité. Alors que la population se mobilise pour défendre sa sécurité, le défi reste de parvenir à une solution pérenne à cette spirale de violence qui menace de plonger le quartier Virunga dans une anarchie désespérante.
Emmanuel NDJADI Pascal

