Ce jour-là, le 16 octobre 2025, aux alentours de 10 heures, Kinshasa est plongée dans la panique. Un présumé braquage est signalé au niveau du rond-point Victoire, dans la commune Kasavubu . La Rawbank est présentée comme étant la cible des assaillants.
Sur place, la police affirme résister aux assaillants en attendant l’arrivée des renforts. Moins d’une heure plus tard, plusieurs unités des services de sécurité sont dépêchées sur les lieux. Des armes lourdes sont annoncées, tandis qu’une opération de grande envergure, dirigée par le général Israël Kantu, avec l’appui des éléments de la Garde et de la DEMIAP, est envisagée.
Aux alentours de rond-point Victoire, la peur gagne les esprits. De nombreux travailleurs hésitent à se rendre à leur lieu de travail. Les médias de la capitale sont mobilisés et présents sur le terrain.
Tout laisse alors penser que Kinshasa va assister à une importante opération de neutralisation de criminels présumés.
Selon les premières informations relayées par des sources policières et des membres du personnel de la banque, plus de huit assaillants, lourdement armés, seraient impliqués dans cette opération.
Ces informations sont ensuite reprises par le gouverneur de la ville, avant que le ministre de l’Intérieur ne s’adresse à la presse, aux alentours de 17 heures, pour annoncer que dame Honorine Porsche et sept autres assaillants ont été maîtrisés et se trouvent entre les mains des services de sécurité.
Mais le lendemain, coup de théâtre ! Les informations qui émergent dressent un tableau radicalement différent des premières annonces.
Selon les éléments alors rapportés, il n’y aurait eu qu’une seule femme sur les lieux, présentée comme souffrant de troubles mentaux. Aucun groupe d’assaillants armés n’aurait été identifié et aucune arme réelle n’aurait été retrouvée, hormis un pistolet-jouet qui lui aurait appartenu.
Quelques jours plus tard, Honorine Porsche est condamnée par la justice, avant d’être libérée. Selon les informations rapportées, elle se trouverait actuellement en Allemagne, auprès de sa famille.
Une affaire qui soulève de nombreuses interrogations : comment une situation initialement présentée comme un braquage impliquant plusieurs individus lourdement armés a-t-elle pu connaître un tel revirement ? Comment expliquer l’écart entre les premières communications officielles et les informations apparues par la suite ?
Une année après , cette affaire reste encore dans la tête des kinois, qui continuent à se poser des nombreuses questions
Martin Lunyengu

