La sortie médiatique de l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila Kabange, suivie de l’annonce de la création d’un mouvement politico-militaire, suscite de vives réactions dans les milieux politiques congolais. Parmi les dernières réactions figure celle de Bienvenu Doudou Iboula wa Iboula, analyste politique et notable du Kwango, qui a livré son analyse dans un message publié sur les réseaux sociaux.
« Le président honoraire JKK s’est livré à un exercice auquel, selon lui, il ne se serait pas prêté de son propre gré, n’eût été la force des ingrédients de la diplomatie de Tshisekedi, une diplomatie en béton », écrit-il.
Pour Bienvenu Doudou Iboula wa Iboula, Joseph Kabila, souvent associé à une attitude discrète et à un silence politique remarqué, aurait été amené à sortir de sa réserve sous l’effet de la diplomatie du président Félix Tshisekedi.
L’analyste politique remet également en question la légitimité des critiques formulées par l’ancien chef de l’État à l’égard de son successeur, au regard de son propre bilan à la tête du pays.
« Comment l’homme qui connaît la valeur du silence est-il sorti de son lit pour se livrer à un exercice aussi délicat que celui de donner des leçons à son successeur, alors que lui-même affiche le bilan le plus honteux après 18 ans de pouvoir ? », s’interroge-t-il.
Dans son analyse, le notable du Kwango évoque aussi d’éventuelles assurances que Joseph Kabila aurait reçues de personnes qu’il qualifie de « traîtres ». Il estime que les récentes prises de position de l’ancien président pourraient traduire, selon son interprétation, la volonté de tourner une page politique et d’ouvrir une nouvelle séquence dans laquelle Kabila chercherait à reprendre une place centrale.
Invitant à une lecture approfondie des enjeux politiques et sécuritaires, Bienvenu Doudou Iboula wa Iboula appelle à ne pas s’arrêter aux apparences. Il avance notamment l’hypothèse selon laquelle Paul Kagame, confronté à l’imprévisibilité du président américain Donald Trump, aurait pris ses distances avec Joseph Kabila, laissant ainsi l’ancien chef de l’État congolais assumer ses propres choix. Cette interprétation relève toutefois de son analyse et n’est pas présentée comme un fait établi.
En conclusion, l’analyste lance un appel à la vigilance et à l’unité nationale. Il tient des propos particulièrement sévères envers ceux qu’il accuse de trahison, réclamant des sanctions publiques contre les personnes qu’il estime impliquées dans des actes de haute trahison ou dans le détournement de matériel de guerre.
» Si des traîtres ne sont pas pendus publiquement pour haute trahison et détournement des effets de guerre, nous allons un jour, et trop tard, goûter aux épinards de la trahison. Il est plus que temps de nous mettre ensemble. Désormais, le Rwanda est comme une petite bestiole qui ronge le haricot « , conclut-il.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en RDC, où les prises de position des acteurs politiques autour de Joseph Kabila continuent d’alimenter le débat sur l’avenir du pays, la souveraineté nationale et les réponses à apporter à la crise sécuritaire.

