Nord-Kivu/Butembo : Condamnation du secrétaire général académique et de dix étudiants de l’IBTP à des peines de prison

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Vendredi 20 septembre, le Tribunal de Grande Instance de Butembo a prononcé son verdict dans une affaire complexe touchant l’Institut de Bâtiment et des Travaux Publics (IBTP).
Dix étudiants ont été condamnés à des peines de prison comprises entre 18 et 30 mois, tandis que Paluku Kayighana Julien, le secrétaire général académique de cet établissement public, a été sanctionné par une peine de 12 mois avec sursis.

L’audience, tenue à 19 heures en chambre foraine dans la salle de réunion de la mairie, a abouti à une requalification des charges initiales. Bien que les prévenus aient été accusés d’incendie volontaire, les faits ont été requalifiés en destruction méchante. Les accusations de coups et blessures volontaires simples, tant sur des adultes que sur des enfants, ont cependant été confirmées.

En premier lieu, trois étudiants : Katembo Kighoma Justin, Malongo Basosila Rodrigue, et Kisanga Bulambalamba Delphin, ont écopé d’une peine de 18 mois de réclusion pour avoir été reconnus coupables de la destruction d’une jeep ainsi que des domiciles de Katsuva Alphonse, directeur général de l’IBTP, et de Katungu Mwangaza, membre du conseil de gestion.

En revanche, le second groupe, regroupant sept autres étudiants, a reçu une peine plus sévère de 30 mois de prison ferme. Ce groupe inclut Abhia Androa Kevin, Ifonde Falanga Renayi, Kamate Nelson Pacifique, Byamungu Cibalonza, Mugisha Kayengo Aristote, Mumbere Kayenga Gulde, et Lokokakola Geminga Elie, tous jugés responsables de la destruction de plusieurs bâtiments scolaires et de maisons privées, ainsi que de coups et blessures volontaires infligés à des enfants.

Un membre du tribunal a déclaré que « ce jugement témoigne de leur détermination à protéger les institutions et les citoyens, ajoutant que « la violence ne saurait rester sans réponse ».

Quant au secrétaire académique, perçu comme l’instigateur des troubles, il a reçu une peine de 12 mois, dont 6 avec sursis.

En sus de leur incarcération, les condamnés devront s’acquitter de lourdes amendes : 5 millions de francs congolais pour le secrétaire général et les étudiants, et 50 000 dollars en réparation pour les parties civiles.
Par ailleurs, 6 000 dollars seront versés en dommages et intérêts aux élèves de l’école Malkia Wa Mbingu, blessés lors des incidents survenus le 17 septembre dernier.

Ce verdict suscite des réactions divergentes au sein de la communauté académique et au-delà. Des observateurs s’interrogent sur les conséquences de ces décisions sur la jeunesse et l’avenir des condamnés. Un enseignant de l’IBTP a souligné que la justice doit conjuguer fermeté et pédagogie, appelant à une réflexion collective sur les causes sous-jacentes de cette violence.

Les événements récents mettent en exergue l’urgence d’instaurer un dialogue constructif entre les autorités académiques et les étudiants, soulevant une question cruciale sur la manière d’éviter la récurrence de tels incidents dans l’avenir.

Emmanuel NDJADI Pascal

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