Dans l’obscurité des conflits armés et des crises humanitaires dans la province de l’Ituri, la jeunesse se voit souvent sacrifiée sur l’autel de la survie. Au cœur de la chefferie de Babila Babombi, en territoire de Mambasa, une tragédie silencieuse persiste: des jeunes filles mineures, déracinées par la guerre, se trouvent contraintes de se prostituer pour assurer la subsistance de leurs familles.
L’ONG-DH Convention pour le respect des droits humains (CRDH) a alerté ce vendredi 20 septembre sur cette situation alarmante, où l’absence d’assistance humanitaire et des conditions de vie précaires poussent ces adolescentes à des choix déchirants.
Grâce Kakine, secrétaire de l’organisation, dépeint avec une gravité troublante ce tableau désolant de cette manière : « C’est la faim qui fait tomber ces jeunes filles dans le piège de la prostitution. Elles n’ont d’autre choix que de se vendre pour trouver de quoi manger. »
Le constat est accablant, les déplacés de guerre, déjà regroupés dans plusieurs villages de la chefferie, subissent les affres de l’insécurité qui prévaut. Les conséquences de cette situation désastreuse sont multiples. « Les déplacés manquent des vivres et non-vivres. Beaucoup se battent pour un coin où passer la nuit. Face à ce dénuement, certaines filles ne voient pas d’autre issue que de se livrer à la prostitution pour échapper à la misère », souligne Kakine.
Les champs de cette partie de L’Ituri, tant à l’Est qu’à l’Ouest de la nationale n°44, restent inaccessibles, augmentant ainsi la crise alimentaire qui touche durement la population. « La terre qui devrait nourrir ceux qui y vivent est devenue un mirage inatteignable. Les habitants ne savent plus à quel saint se vouer », s’indigne le responsable de la CRDH.
Dans ce contexte désespéré, l’appel à l’aide se fait pressant. Grâce Kakine exhorte la communauté internationale, les ONG et les personnes de bonne volonté à se mobiliser pour donner un coup de pouce à ces jeunes filles et leurs familles.
« Nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard. La dignité humaine ne devrait pas être mise à mal sous prétexte de survie. Le gouvernement congolais doit aussi prendre ses responsabilités pour pacifier les zones touchées par l’insécurité », implore-t-il.
Alors que cette tragédie se poursuit dans l’indifférence, il est impératif de jeter la lumière sur le sort de ces jeunes filles, seules dans un monde qui semble les avoir oubliées. La guerre a pris des visages multiples, mais nul ne devrait accepter que ceux de l’enfance soient sacrifiés dans cette danse macabre de la survie.
Emmanuel NDJADI pascal

