Une nouvelle controverse secoue le secteur de l’enseignement dans la province du Maniema. À quelques semaines de la rentrée scolaire, deux tendances syndicales s’opposent ouvertement sur le choix de la banque chargée de la paie des enseignants, plaçant la Direction nationale de contrôle de la paie des enseignants (DINACOPE) face à une décision jugée déterminante.
Dans un mémorandum adressé au Directeur national de la DINACOPE, l’Intersyndicale Maniema 1 et 2 demande le transfert immédiat des enseignants actuellement payés par Equity-BCDC vers la banque TID. Les signataires dénoncent plusieurs difficultés rencontrées sur le terrain, notamment l’absence d’agences Equity-BCDC dans plusieurs territoires, l’obligation pour certains enseignants de parcourir plus de 600 kilomètres pour percevoir leur salaire, l’absence de terminaux de paiement (POS) dans dix sous-divisions ainsi que des blocages récurrents des codes PIN.
« Faute de délocaliser la paie dès ce mois de juillet, le gouvernement sera tenu pour seul responsable de la paralysie des activités scolaires à venir », avertit l’Intersyndicale dans son mémorandum.
Selon cette plateforme syndicale, la banque TID offre de meilleures garanties de proximité, notamment dans les territoires de Pangi, Kailo, Lubutu et Punia. Elle sollicite ainsi le transfert de tous les enseignants de ces entités actuellement pris en charge par Equity-BCDC.
Cette revendication intervient pourtant quelques mois seulement après une précédente démarche de cette même Intersyndicale, qui avait obtenu la délocalisation de la paie des enseignants de l’IFOD-CARITAS vers Equity-BCDC, invoquant alors des retards de paiement et des retenues jugées illicites.
En réaction, une autre frange syndicale du Maniema 2 rejette catégoriquement cette nouvelle demande. Dans une correspondance également adressée à la DINACOPE, elle estime que la décision de l’Intersyndicale a été prise en violation des articles 10 et 14 du règlement intérieur, sans Assemblée générale ni consultation préalable de la base.
Ce groupe syndical dénonce également une « cacophonie administrative », affirmant que certaines signatures auraient été imitées, notamment celle du camarade Kalume Janvier de la FOSYNAT.
À l’opposé de la première position, cette tendance dresse un bilan favorable des prestations d’Equity-BCDC, évoquant un taux de satisfaction de 76 % ainsi que la réduction des retards de paiement. Elle recommande plutôt le renforcement des services de proximité par l’installation d’un service permanent dans chaque sous-division et la dotation de chaque enseignant d’une carte bancaire.
« La demande de délocalisation relève davantage d’une démarche sentimentale guidée par des intérêts égoïstes que de l’intérêt général des enseignants », soutient cette frange syndicale dans sa correspondance.
Face à ces deux mémorandums aux positions diamétralement opposées, transmis en moins d’une année, la DINACOPE est désormais appelée à se prononcer afin d’éviter que cette crise syndicale ne perturbe la prochaine rentrée scolaire, notamment dans les territoires de Kasongo, Kabambare et Kibombo.
Emmanuel NDJADI Pascal

