Sud-Kivu : des jeunes auraient été emmenés de force à Bwegerera et Irenga, un décès rapporté dans le territoire de Kabare

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Une quinzaine de jeunes auraient été emmenés de force dans la nuit du mercredi 30 septembre au jeudi 1er octobre 2026 dans les localités de Bwegerera et Irenga, dans le groupement de Luhago, chefferie de Nindja, territoire de Kabare, au Sud-Kivu.

Selon le témoignage d’une habitante recueilli sous anonymat, des combattants identifiés par elle comme appartenant à l’AFC-M23 sont arrivés dans la zone aux alentours de 20 heures, avant d’emmener plusieurs jeunes.

« Hier, les M23 sont venus ici vers 20 heures. Ils sont partis avec les jeunes », témoigne-t-elle.

La même source affirme que 15 jeunes auraient été pris à Bwegerera et huit autres à Irenga, portant à 23 le nombre de personnes concernées selon son récit. Elle rapporte également qu’un jeune homme aurait été tué après avoir refusé de suivre les combattants.

« Un jeune est décédé. Son péché est d’avoir refusé de partir avec ces rebelles. Ils l’ont tué sur le coup », affirme-t-elle.

Une mobilisation qui aurait précédé les enlèvements
Toujours selon cette habitante, ces faits seraient intervenus après plusieurs semaines de sensibilisation en faveur de l’adhésion des jeunes aux structures armées de l’AFC-M23 dans cette partie de Kabare.

Elle cite notamment Luhasa Nyerere, présenté comme chef de centre de Nzibira et désormais membre de la rébellion, comme l’un des acteurs de cette mobilisation.
Face à la résistance d’une partie de la population, les combattants seraient désormais passés, selon cette source, à des recrutements forcés.

« Comme il y a une résistance, alors ces rebelles commencent à venir prendre de force nos jeunes », poursuit-elle.

Des informations publiques récentes montrent par ailleurs que des activités de mobilisation en faveur de l’intégration des jeunes dans les structures de sécurité de l’AFC-M23 ont été rapportées dans plusieurs zones de Kabare.

Le 30 septembre 2026, une publication liée au gouvernorat du Sud-Kivu sous administration AFC-M23 affirmait notamment que des jeunes de Kabare s’engageaient dans différents centres de formation, tout en contestant tout recrutement forcé.

À l’inverse, le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC a documenté, dans ses rapports antérieurs, des cas de recrutement forcé de civils, de soldats et de combattants, y compris des mineurs, attribués à l’AFC-M23.

La même source fait également état du viol de deux femmes dans le territoire de Kabare au cours de la même nuit.

Ces accusations, comme celles concernant les enlèvements et le décès rapporté, n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.
Le nombre exact de jeunes emmenés, leur lieu de destination, leur situation actuelle ainsi que les circonstances précises du décès allégué restent donc à établir.

Aucune réaction officielle de l’AFC-M23 concernant ces accusations précises à Bwegerera et Irenga n’a été identifiée dans les sources consultées.

Dans cette partie du territoire de Kabare, la question du recrutement des jeunes demeure particulièrement sensible, sur fond de contrôle territorial et de tensions persistantes entre les groupes armés et les forces opposées à l’AFC-M23.

Assumani Mukendi Abdoul

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