Le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA demande aux autorités congolaises de se pencher sur les difficultés rencontrées par les utilisateurs des réseaux de télécommunication au Maniema. L’organisation dénonce notamment la hausse des prix des forfaits, la consommation rapide des données mobiles et la durée de validité de certains forfaits.
Pour Alexandre Masasa, coordonnateur du mouvement au Maniema, ces difficultés sont devenues une préoccupation quotidienne pour de nombreux habitants, qui dépendent des réseaux téléphoniques pour communiquer, travailler, s’informer ou mener leurs activités.
Cette structure regrette également le silence des autorités urbaines et provinciales ainsi que celui des députés face aux plaintes des consommateurs. Il estime que les responsables devraient davantage s’intéresser aux difficultés vécues par la population.
Celui-ci évoque notamment l’utilisation de solutions alternatives de connexion par certains responsables, qui les éloigneraient, selon lui, des réalités vécues par les citoyens.
« Leur silence est si profond car ils ne sont pas suffisamment frappés après l’installation de Starlink dans leurs bureaux et maisons, qui ne partagent même pas aux maisons les plus proches », dénonce-t-il.
La consommation des données mobiles constitue également une source de frustration. MACHOZI YA RAÏYA affirme que certains utilisateurs constatent que leurs mégas diminuent rapidement, même lorsqu’ils n’effectuent pas de téléchargements importants.
« Aujourd’hui maintenant, les mégas s’écoulent et s’évaporent très vite sans pour autant les utiliser en téléchargeant de gros fichiers », affirme Alexandre Masasa.»
Pour trouver une connexion jugée meilleure, certains utilisateurs seraient obligés de changer régulièrement d’opérateurs. Une situation qu’Alexandre Masasa décrit avec une pointe d’ironie.
«La meilleure connexion change de SIM comme une femme change d’habits par jour. Aujourd’hui, c’est Vodacom, demain Orange, l’autre jour Africell et Airtel », ironise-t-il.
Pour le mouvement citoyen, cette situation démontre la nécessité d’un meilleur encadrement du secteur et d’une protection renforcée des consommateurs.
Machozi ya Raiya considère Internet comme un espace essentiel à l’information, aux activités économiques, à la citoyenneté et à la démocratie.
«Ce problème est à prendre au sérieux, car il relève de la souveraineté numérique de notre pays. Internet, c’est notre espace numérique national, un grand territoire d’où s’affirment une nouvelle citoyenneté et la démocratie », soutient Alexandre Masasa.
L’organisation appelle ainsi l’État congolais à prendre des mesures pour rendre les services de télécommunication plus accessibles, transparents et adaptés aux besoins de la population.
«« Personne ne doit jamais être exclu et l’État congolais doit mettre des moyens pour assurer la connectivité aux besoins de chaque citoyen congolais. La souveraineté numérique commence par la protection du citoyen face aux abus dans l’espace numérique », insiste-t-il.»
Emmanuel Ndjadi Pascal

