Les prix des denrées alimentaires connaissent une forte hausse ces derniers jours dans le territoire de Punia, une situation qui préoccupe les acteurs de la société civile. L’alerte est lancée par Honoré Prions, responsable du Bureau des inspecteurs des droits de l’homme (BIDH), antenne de Lubutu.
Joint au téléphone par le reporter de Radio Maniema Libertés, il explique que plusieurs produits de première nécessité ont enregistré une augmentation considérable sur les marchés locaux. Selon lui, cette flambée des prix est principalement liée aux difficultés d’approvisionnement causées par la dégradation avancée de la route reliant Lubutu à Punia.
« Nous dénonçons et mettons en garde contre ce qui se passe ici à Punia, où la population souffre. Un gobelet du riz qui s’achetait à 2 000 francs congolais est aujourd’hui vendu à 3 500 francs congolais », déclare Honoré Prions.
Le coordonnateur territorial du BIDH à Punia précise que la majorité des marchandises consommées dans le territoire proviennent de Kisangani. Mais l’état actuel de la route empêche les véhicules d’atteindre facilement leur destination.
« Nous ravitaillons au niveau de Kisangani, toutes les marchandises proviennent de cette ville, et les prix augmentent parce que les véhicules n’arrivent plus jusqu’ici », explique-t-il.
D’après lui, cela fait déjà deux mois qu’aucun véhicule n’arrive normalement au chef-lieu du territoire de Punia en raison de l’impraticabilité du tronçon Lubutu-Punia.
« La route Lubutu-Punia n’est plus praticable. Si cette situation continue jusqu’au mois de novembre, aucun véhicule ne pourra encore atteindre notre territoire », alerte le responsable du BIDH.
Au cours du même entretien accordé à nos confrères de la Radio KFM, Honoré Prions s’est également interrogé sur la gestion des fonds issus de la taxe conventionnelle perçue sur cet axe routier, une taxe instituée pour financer la réhabilitation des routes.
« Nous demandons aux autorités qui perçoivent les taxes conventionnelles, créées pour réhabiliter les routes, de prendre leurs responsabilités », insiste-t-il.
Le responsable du BIDH affirme que son organisation a effectué une descente sur terrain et identifié plusieurs points critiques sur cette route.
« Nous, inspecteurs des droits de l’homme, avons effectué une descente sur le terrain et avons recensé neuf nids-de-poule qui se trouvent sur cette route et qui perturbent la circulation des chauffeurs », rapporte-t-il.
Il évoque également les difficultés rencontrées au niveau du petit bac d’Obolia, où les véhicules seraient bloqués à cause d’une panne.
« D’ici jusqu’au petit bac d’Obolia, les véhicules sont également bloqués à cause de la panne du bac. Mais ceux qui sont chargés de sa réparation ne semblent pas avoir de considération pour la population. Celui qui vient souder là-bas, après dix minutes, vous ne le voyez plus », déplore Honoré Prions.
Face à cette situation, il appelle les autorités compétentes à clarifier l’utilisation des fonds issus de cette taxe et à intervenir rapidement.
« Où va cet argent ? Est-ce que cette taxe est perçue uniquement pour enrichir certaines personnes ? Ou alors est-ce qu’elle est réellement utilisée pour réaliser les travaux pour lesquels elle a été créée ? », s’interroge-t-il.
Le responsable du BIDH demande notamment l’envoi des engins pour réparer les points dégradés et combler les nids-de-poule, en attendant une réhabilitation complète du tronçon Lubutu-Punia.
« Cette taxe avait été instituée pour la réhabilitation des routes. Nous demandons donc aux autorités compétentes de nous écouter avec attention et de prendre des mesures urgentes », conclut-il.
Pour Honoré Prions, sans une intervention rapide, les conséquences pourraient devenir plus graves dans le territoire de Punia dans les prochains mois.
Emmanuel NDJADI Pascal

