La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé, samedi à Kinshasa, ses profondes préoccupations face aux discussions autour d’une éventuelle révision de la Constitution. Au cours d’une conférence de presse, son secrétaire général, Mgr Donatien Nshole, a exhorté le président Félix Tshisekedi à demeurer fidèle au serment prêté lors de son investiture.
Pour l’Église catholique, le respect de la Constitution constitue une exigence fondamentale pour la préservation de la stabilité et de la démocratie en République démocratique du Congo. Mgr Donatien Nshole a ainsi averti que toute initiative susceptible de remettre en cause les dispositions protégées de la Loi fondamentale engagerait la responsabilité du chef de l’État devant la Nation et devant l’Histoire.
La CENCO a également lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle reste attentive à l’évolution de la situation politique dans le pays et au respect des principes constitutionnels.
Dans le même temps, l’épiscopat catholique invite les responsables religieux à renforcer la sensibilisation des fidèles sur les enjeux liés à la sauvegarde de l’ordre constitutionnel. L’institution annonce par ailleurs qu’elle rendra publiques, dans les prochains jours, de nouvelles orientations concernant les actions à mener.
S’appuyant sur le passage biblique de Néhémie 2,17, la CENCO encourage les Congolais à faire preuve de vigilance et à s’opposer, par des voies légales et pacifiques, à toute tentative de modification des articles jugés intangibles de la Constitution.
« Le pays traverse une période difficile. Il est temps pour les citoyens de se lever, de s’impliquer et de prendre leur destin en main afin de préserver l’avenir des générations futures », a notamment déclaré Mgr Donatien Nshole.
Par ailleurs, la CENCO dénonce un climat politique qu’elle juge préoccupant. Dans sa déclaration, elle affirme observer une montée des tensions liée à la campagne menée par la majorité présidentielle en faveur d’un changement de la Constitution du 18 février 2006.
Selon l’épiscopat, cette campagne bénéficierait de moyens publics et se déroulerait dans un contexte marqué par des pressions exercées sur les voix critiques, y compris au sein de la majorité au pouvoir. La CENCO accuse également les autorités de réprimer les manifestations de l’opposition, évoquant l’intervention de la Police nationale congolaise aux côtés de militants de la « Force du progrès » lors de certaines mobilisations politiques.
Face à cette situation, l’Église catholique appelle les acteurs politiques à privilégier le dialogue, le respect des textes en vigueur et la préservation de la cohésion nationale.
Martin Lunyengu

