La tension politique reste vive dans la province du Maniema après l’adoption, le samedi 9 mai dernier, de l’interpellation initiée contre le gouverneur Mussa Kabwankubi Moïse par le député provincial Amisi Abdallah Tchopé, élu de Kabambare.
Depuis cette décision, une série de pétitions secoue le bureau de l’Assemblée provinciale, aggravant un climat politique déjà tendu au sein de l’organe délibérant.
Ce lundi 11 mai, une nouvelle pétition a été déposée contre le président de l’Assemblée provinciale, Kibungi Mutangi Junior, élu de Kailo et membre de l’UDPS, accusé de mauvaise gestion et d’incompétence.
Dans la même dynamique, le bureau indique avoir reçu trois autres pétitions visant le vice-président Théophile Buleli Docta, le rapporteur Papy Omeonga et le rapporteur adjoint Kangankolo Nkae Nehemie. Tous sont accusés des mêmes griefs liés à la gestion de l’institution.
Ces responsables sont pourtant au centre d’une procédure sensible : l’organisation de l’interpellation du gouverneur de province, ce qui alimente davantage les interrogations sur la stabilité des institutions provinciales.
Sur place, les réactions de la population traduisent à la fois incompréhension et inquiétude.
Un habitant de Kindu confie : « Nous ne comprenons plus ce qui se passe. Pendant qu’ils doivent travailler pour nous, ils passent leur temps à se destituer entre eux. Quel est l’intérêt du peuple dans tout ça ? »
Une autre habitante s’interroge : « Est-ce vraiment pour le bien de la population ou pour des intérêts politiques ? Parce que nous, on ne voit aucun changement dans notre quotidien. »
Dans l’opinion, certains estiment que ces pétitions pourraient être une stratégie visant à bloquer ou retarder la procédure d’interpellation du gouverneur, accentuant ainsi les tensions institutionnelles.
Plusieurs analystes locaux soulignent également le risque d’un blocage institutionnel prolongé, qui pourrait fragiliser davantage la gouvernance provinciale.
Dans ce climat de méfiance, les conséquences possibles inquiètent : paralysie des travaux de l’Assemblée provinciale, perte de confiance entre institutions et ralentissement des actions de développement au niveau du Maniema.
Pour de nombreux observateurs et citoyens, la question centrale demeure : cette crise politique sert-elle réellement les intérêts de la population ou éloigne-t-elle davantage les élus de leurs responsabilités premières ?
Emmanuel NDJADI Pascal

