L’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO), antenne territoriale, accuse le chef d’antenne de la taxe conventionnelle de détournement présumé de fonds publics estimés à plus de 40 millions de francs congolais.
Dans une correspondance officielle adressée à l’Administrateur du territoire de Kasongo et largement diffusée auprès des autorités politico-administratives et judiciaires, l’ACCO affirme avoir constaté de graves irrégularités dans la gestion de la taxe conventionnelle instaurée par l’arrêté provincial du 24 février 2025.
Selon cette organisation des transporteurs, un total de 189 carnets de quittances aurait été réceptionné et écoulé entre mars et août 2025, générant une somme globale de 40 620 000 FC. « Nous avons le profond regret de porter à votre attention des faits graves constituant un détournement de fonds publics par le chef d’antenne de ladite taxe avec ses coéquipiers », indique le document signé par les responsables de l’ACCO Kasongo.
L’ACCO s’interroge notamment sur la continuité de la vente des jetons de paiement entre octobre 2025 et janvier 2026, période durant laquelle, selon elle, aucun carnet quittancier n’aurait été fourni par les autorités provinciales.
« On se pose la question de savoir où le chef d’antenne trouvait les jetons qu’il continuait à vendre », s’indignent les chauffeurs.
Plus troublant encore, après avoir sollicité leur rétrocession conformément aux textes en vigueur, les membres de l’association affirment avoir reçu une réponse négative de la province. « Vous n’aurez rien, car Kasongo n’a pas alimenté son compte, il y a seulement un petit montant versé », leur aurait-on répondu.
Dans leur démarche pour obtenir des explications, les responsables de l’ACCO disent avoir convoqué le chef d’antenne le 7 février 2026. Après un report sollicité de quatre jours, ce dernier ne se serait jamais présenté au rendez-vous fixé le 11 février.
« Le chef d’antenne a pris la fuite et se serait relégué au chef-lieu de la province », affirme l’ACCO, qui parle d’une attitude suspecte.
Face à cette situation, l’Association des Chauffeurs du Congo formule plusieurs revendications, notamment :
La suppression pure et simple de la taxe conventionnelle, jugée pénalisante pour les motards évoluant dans des conditions difficiles ;
La restitution des fonds non versés dans les caisses de l’État ;
La clarification sur l’origine des jetons vendus durant la période sans carnets officiels ;
Le paiement de la rétrocession due aux chauffeurs ;
La réhabilitation des routes, notamment sur le tronçon Kasongo-Kindu ;
L’ouverture de poursuites judiciaires contre les personnes impliquées.
l’ACCO Kasongo appelle l’Administrateur du territoire à s’impliquer personnellement dans ce dossier, tout en sollicitant l’intervention des instances judiciaires pour faire la lumière sur cette affaire.
« Nos revendications restent inébranlables jusqu’à ce que le compromis soit trouvé », préviennent les signataires, avant d’exprimer leur « indignation » face à ce qu’ils considèrent comme une mauvaise gestion des deniers publics.
Emmanuel NDJADI Pascal

