Deux drames, deux traitements: le SYNAMED dénonce une indignation sélective

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En République démocratique du Congo, la situation des médecins des services de l’État continue de susciter inquiétude et frustration.

Le Syndicat national des médecins (SYNAMED) alerte sur un fardeau professionnel de plus en plus lourd, aggravé par un manque de reconnaissance et des conditions de travail jugées préoccupantes.

Au cœur de cette prise de position : deux faits récents largement relayés sur les réseaux sociaux. Mais selon le syndicat, l’opinion publique et politique aurait choisi de se focaliser sur un seul de ces événements, en occultant totalement l’autre.

Le premier concerne une affaire survenue à Kinkole, dans la ville de Kinshasa, impliquant une patiente prise en charge dans une structure hospitalière.

À ce sujet, le SYNAMED a exprimé ses regrets et appelé au respect de la procédure judiciaire en cours. L’organisation insiste sur la nécessité de laisser la justice faire son travail « sans pression politique ni influence des réseaux sociaux », estimant qu’aucune intention de nuire ne peut, à ce stade, être établie à l’encontre de l’équipe soignante.

Mais c’est le second événement qui cristallise la colère du corps médical : le décès, dans des circonstances jugées obscures, du docteur Nicole Muanda, elle-même médecin. Un drame qui, selon le syndicat, n’a suscité ni réaction politique notable ni élan de solidarité dans l’espace public.
« Aucun mot de compassion n’a été adressé à la famille de la consœur ni à la communauté médicale « , déplore le SYNAMED, qui y voit une forme d’indifférence à l’égard des professionnels de santé.

Au-delà de ces deux affaires, le syndicat dénonce une tendance plus large : l’immixtion des acteurs politiques dans les questions relevant de l’Ordre des médecins, ainsi que la tendance à faire porter la responsabilité des dysfonctionnements uniquement sur le personnel soignant.

Pour le SYNAMED, ces situations traduisent des défaillances structurelles du système de santé. Le manque d’équipements adéquats dans les hôpitaux et les conditions de travail difficiles sont régulièrement pointés du doigt, notamment dans les provinces de la Tshopo et du Kongo-Central, où plusieurs médecins auraient perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions.

Autre sujet de préoccupation : l’absence de dialogue entre le gouvernement et les représentants des médecins. Le syndicat affirme que, depuis août 2025, une instruction du président de la République demandant à la Première ministre, Judith Suminwa, de recevoir le bureau national du SYNAMED, est restée sans suite.
Huit mois plus tard, aucune rencontre n’aurait été organisée, malgré l’urgence des revendications portées par les professionnels de santé.

Face à cette situation, le SYNAMED rappelle que plusieurs propositions ont été soumises aux autorités, notamment au Parlement, en vue d’apporter des solutions durables. Pour le syndicat, les drames récents ne sont que des signaux d’alerte révélant une crise plus profonde du système de santé congolais.

Dans un contexte marqué par la défiance et les tensions, les médecins appellent à une prise de conscience collective et à des réponses concrètes des autorités pour éviter que de telles situations ne se répètent.

Martin Lunyengu

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