À Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, l’annulation de la marche pacifique prévue le 19 mars 2026 par la société civile Force vive continue de susciter des réactions. L’ONG Haki za Bina Damu Maniema exprime son indignation face à cette décision des autorités provinciales.
Dans une interview accordée à notre rédaction ce 20 mars 2026, le secrétaire exécutif de l’organisation se dit profondément affecté par cette interdiction. Selon lui, cette marche visait à protester contre la décision du procureur général près la Cour constitutionnelle ordonnant le gel des comptes de la Fondation Mapon, une mesure aux conséquences sociales importantes pour la population locale, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
L’ONG qualifie la décision du gouverneur Musa Kabwankubi d’« anticonstitutionnelle ». Elle estime qu’il s’agit d’une atteinte grave aux libertés publiques. « La marche pacifique constitue un droit légitime de la population pour exprimer ses préoccupations, un droit garanti par la Constitution », a déclaré le responsable de l’organisation.
Plus encore, Haki za Bina Damu déplore l’absence de dialogue préalable entre les autorités et les organisateurs. « Nous sommes désillusionnés de voir le gouverneur, censé faire respecter les lois, interdire une marche pacifique. Il a violé l’article 26 de la Constitution et n’a même pas cherché à échanger avec les initiateurs », a-t-il ajouté.
Pour rappel, la décision de geler les comptes de la Fondation Mapon, prise récemment par le procureur général près la Cour constitutionnelle, continue de faire débat dans la province du Maniema, en raison de ses répercussions sur plusieurs services sociaux de base.
Emmanuel NDJADI Pascal

