La Constitution de la République Démocratique du Congo a fêté ses 20 ans d’existence ce mardi 18 février. Promulguée le 18 février 2006, elle a été adoptée après le référendum de décembre 2005 et demeure le fondement de notre démocratie, garantissant les droits fondamentaux des citoyens et assurant l’organisation et le fonctionnement de l’État.
Vingt ans jour pour jour après sa promulgation, la Constitution de la République Démocratique du Congo demeure le socle de la IIIᵉ République.
Adoptée par référendum le 18 décembre 2005, après 32 ans de dictature et 7 années de transition marquées par les régimes de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila, elle incarnait l’espoir d’un nouveau départ : celui d’un État de droit fondé sur la souveraineté populaire.
Inspirée des modèles germano-français et rédigée avec l’appui d’experts nationaux et internationaux, tout en conservant une majorité de rédacteurs congolais, cette Constitution a posé les bases d’un État moderne.
Elle a consacré le pluralisme politique, réaffirmé l’unité de l’État dans une décentralisation à caractère quasi-fédéral et conditionné l’accès aux fonctions publiques suprêmes à la voie électorale.
Surtout, elle a limité le mandat présidentiel à deux quinquennats, un verrou essentiel contre la dérive autoritaire.
Sur le plan institutionnel, elle a structuré le pays autour d’un exécutif (Présidence, Gouvernement, Gouvernorats), d’un pouvoir législatif bicaméral (Assemblée Nationale, Sénat, Assemblées Provinciales) et d’un pouvoir judiciaire indépendant, comprenant notamment la Cour Constitutionnelle, la Cour de Cassation et la Cour des Comptes.
Elle a également institué des organes d’appui à la démocratie tels que la CENI, le CSAC ou encore la Commission nationale des droits de l’homme.
Mais en vingt ans, le texte n’est pas resté figé. En 2011, une révision controversée a instauré l’élection présidentielle à un seul tour et modifié plusieurs dispositions relatives au mandat parlementaire, à l’initiative de la majorité au pouvoir de l’époque.
En 2018, malgré de fortes contestations nationales et internationales, la RDC a connu sa première alternance pacifique : le candidat du pouvoir a été battu à l’issue d’un scrutin historique, ouvrant une nouvelle séquence politique.
En 2025, le président Félix-Antoine Tshisekedi a exprimé sa volonté de réviser la Constitution.
Toutefois, le projet a été rapidement relégué au second plan face à la dégradation sécuritaire dans l’Est du pays, marquée par l’avancée des rebelles de l’AFC-M23 à Goma et Bukavu.
Vingt ans après son adoption, la question n’est plus celle de la longévité du texte, mais de son application effective.
La Constitution congolaise a résisté aux crises politiques, aux tensions électorales et aux tentations de remise en cause.
Le véritable bilan se mesure désormais à sa capacité à garantir l’État de droit, à protéger les libertés et à assurer la stabilité des institutions.
Vingt ans après, elle continue d’inspirer l’unité nationale, la justice et le respect de l’État de droit.
Plus qu’un texte, elle reste un engagement collectif.
Reste à savoir si, vingt ans après, cet engagement est pleinement respecté.
D. Kazadi

