Situation Sécuritaire à l’Est de la RDC: Docteur Denis Mukwege tacle le gouvernement d’être responsable de cette histoire

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« Le vrai problème du Congo, c’est la gouvernance » selon l’opposant et docteur, Denis Mukwege.

En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le dimanche 15 février 2026, le Prix Nobel de la paix 2018, le Dr Denis Mukwege, a livré une analyse sans détour de la situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).

Interrogé par l’Agence France-Presse et le média libanais L’Orient-Le Jour, le fondateur de l’Hôpital de Panzi a exprimé son scepticisme face à l’éventualité d’un nouveau cessez-le-feu entre les parties en conflit.

« Une trêve dont on ignore la durée »

« Je pense que cela risque de ressembler à une trêve, et on ne sait pas combien de temps va durer cette trêve », a-t-il déclaré.

« On a vu beaucoup de cessez-le-feu en République Démocratique du Congo qui n’ont pas tenu longtemps. »

Depuis plus de 30 ans, l’est congolais est en proie à des violences armées récurrentes. Malgré plusieurs accords signés au fil des années, les combats ont souvent repris, laissant les populations civiles payer le prix fort.
Le spectre du M23

Kinshasa a récemment annoncé avoir « accepté le principe » d’un cessez-le-feu dans l’est du pays, sans en préciser la date d’entrée en vigueur.

De son côté, le groupe armé antigouvernemental Mouvement du 23 mars (M23), accusé par les autorités congolaises d’être soutenu par le Rwanda, a dénoncé des « tentatives de manipulation » du gouvernement.

Une crise humanitaire « négligée »
À Munich, où des décideurs du monde entier se sont réunis pour discuter de grandes menaces sécuritaires globales, Denis Mukwege regrette que la situation congolaise ne soit pas davantage au centre des discussions.

« Si aujourd’hui le Congo subit tout ce que nous subissons, c’est tout simplement parce qu’il y a une mauvaise gouvernance », a-t-il déclaré.

« Avec une bonne gouvernance, le Congo devrait être en mesure de protéger sa population et de prendre en charge ces minerais qui sont aujourd’hui exploités par tous les vautours autour de la République Démocratique du Congo. »

Malgré son scepticisme, Denis Mukwege dit garder l’espoir que ce nouveau cessez-le-feu puisse marquer un tournant.

Mais pour lui, seule une approche globale, incluant un dialogue national et des réformes profondes, permettra de sortir durablement le pays du cycle des violences.

D. Kazadi

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