RDC: Depuis sa cellule d’incarcération à Kinshasa, Constant Mutamba fixe l’opinion au sujet du dialogue

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Se présentant comme chef de file de l’opposition républicaine, l’ancien ministre de la justice et garde sceaux, Constant Mutamba conditionne sa participation au dialogue national et inclusif à des actes concrets et non à des slogans.

Détenu depuis 154 jours, l’opposant politique congolais et ancien ministre de la justice Constant Mutamba a adressé une lettre ouverte au peuple congolais et aux peuples d’Afrique pour exprimer sa position sur le dialogue national et inclusif annoncé par le Chef de l’État .

Selon lui dans sa lettre manuscrite rendue public ce jeudi 05 Février 2026, sa privation de liberté est liée à son refus « du système en place » et à sa dénonciation de « l’agression rwandaise » dont la RDC serait victime dans sa partie orientale.

S’il salue le principe du dialogue républicain, qu’il estime capable de recréer la cohésion nationale à condition qu’il soit sincère, Constant Mutamba avertit que ce cadre ne doit en aucun cas devenir, selon ses mots, « un espace de partage du pouvoir » ni « une blanchisserie politique » pour ceux qu’il accuse d’avoir trahi le pays.

Se présentant comme chef de file de l’opposition républicaine congolaise, il pose trois conditions qu’il juge indispensables
avant toute participation au processus :

-Des mesures sérieuses de décrispation politique, en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, qu’il dit victimes d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes;

-Des garanties réelles de sécurité et de confiance, afin de permettre le retour au pays des opposants vivant à l’étranger;

-Des garanties de sincérité et de bonne foi dans l’organisation et la conduite du dialogue.

Toujours Dans sa lettre, l’opposant ne mâche pas ses mots :

« 66 ans après, notre État n’a plus besoin de comédiens opportunistes. »

Constant Mutamba se décrit par ailleurs comme étant « parmi les plus brimés par le système ». Il affirme avoir été « condamné injustement », « arrêté illégalement », « privé de ses droits », « humilié » et « torturé moralement et physiquement ».

Dans son message, Constant Mutamba cite Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Adolphe Muzito comme des figures incarnant, selon lui, une opposition pacifique et républicaine, qui ont choisi la voie politique plutôt que la violence.

Constant Mutamba dit encourager l’initiative du dialogue national, tout en indiquant qu’il attend la publication de la feuille de route, la désignation des médiateurs et des garanties concrètes avant de s’y engager pleinement.

D. Kazadi

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