RDC: Sur TV5 Monde, Matata Ponyo tacle le régime actuel et l’accuse de corruption systématique et d’instrumentalisatuon de la justice.

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Face à la caméra sur TV5 Monde, Augustin Matata Ponyo Mapon, ex ministre sous Joseph Kabila acuse l’actuel régime de corruption systématique, d’instrumentalisation de la justice et d’un pouvoir tourné vers des intérêts personnels.

Condamné à une lourde peine de prison par la Cour Constitutionnelle, l’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo est sorti de son silence.

En exil, il rejette catégoriquement la décision judiciaire qui le frappe et affirme être victime d’un procès politique, motivé, selon lui, par son refus de collaborer avec le pouvoir en place.

Dans une interview diffusée le mercredi 28 janvier 2026 sur la chaîne TV5 Monde, Matata Ponyo assure n’avoir « jamais été jugé conformément à la loi ».

Il estime que sa condamnation n’est pas l’aboutissement d’un processus judiciaire impartial, mais plutôt le résultat d’un règlement de comptes politiques.

« J’ai été condamné uniquement pour avoir dit non », affirme-t-il, pointant directement le régime du président Félix-Antoine Tshisekedi.

L’ancien chef du gouvernement va plus loin et évoque un procès à caractère « tribalo-ethnique », une accusation grave dans un pays régulièrement confronté à des tensions identitaires.

Selon lui, les juges ayant siégé dans son dossier « appartenaient tous à la tribu du président » et « étaient tous du Kasaï ». Des propos qui relancent le débat sensible sur l’indépendance de la justice et son éventuelle instrumentalisation politique en République Démocratique du Congo.

Pour rappel, Augustin Matata Ponyo a été reconnu coupable en mai 2025 de détournement de près de 250 millions de dollars américains, des fonds destinés au parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, un projet phare de son passage à la primature.

La Cour Constitutionnelle l’a condamné à dix ans de prison, assortis de cinq ans d’inéligibilité, de la privation du droit de vote, de l’exclusion de toute possibilité de libération conditionnelle, ainsi que de la confiscation de ses biens à hauteur des montants détournés.

Ayant quitté le territoire national avant l’exécution de la peine, l’ancien Premier Ministre vit désormais en exil.

Malgré la sévérité de la sentence, il se dit convaincu que « la vraie justice sera rendue un jour », nourrissant l’espoir d’une réhabilitation future.

Son retour sur la scène médiatique internationale ravive les clivages politiques en RDC et remet au centre du débat une question cruciale : celle de l’indépendance de la justice face aux enjeux du pouvoir.

Un dossier hautement sensible qui continue de diviser l’opinion congolaise.

D. Kazadi

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