Pas d’octroi des visas à 75 pays dans le Monde selon l’administration Trump.
Une décision du Département d’État Américain suscite une vive inquiétude à travers le Monde, et particulièrement en République Démocratique du Congo (RDC).
Selon une note interne adressée aux services consulaires, Washington a décidé de suspendre le traitement des visas d’immigrant pour 75 pays, invoquant la nécessité de renforcer les mécanismes de sélection afin d’empêcher l’entrée de personnes susceptibles de devenir une « charge publique » pour l’État américain.
Parmi les pays concernés figurent notamment la RDC, mais aussi la Somalie, la Russie, l’Afghanistan, le Brésil, l’Iran, l’Irak, l’Égypte, le Nigeria, la Thaïlande, le Yémen et le Rwanda.
La mesure devrait entrer en vigueur à partir du 21 janvier 2026 et s’appliquer pour une durée indéterminée, le temps que les autorités américaines procèdent à une réévaluation complète des procédures de traitement des visas d’immigrant.
Un durcissement fondé sur la notion de « charge publique »
Le Département d’État ordonne aux agents consulaires d’appliquer strictement la législation en vigueur, notamment la disposition dite de la « charge publique » du droit de l’immigration américaine.
Cette règle permet de refuser un visa à toute personne susceptible, selon l’administration, de dépendre à l’avenir de l’aide sociale ou des prestations publiques aux États-Unis d’Amérique.
Un télégramme diplomatique envoyé dès novembre 2025 aux postes consulaires à travers le monde avait déjà annoncé un durcissement significatif des contrôles, ouvrant la voie à la décision actuelle.
« L’immigration en provenance de ces 75 pays sera suspendue le temps que le Département d’État réévalue les procédures de traitement afin d’empêcher l’entrée de ressortissants étrangers susceptibles de bénéficier de l’aide sociale et des prestations publiques », précise le document.
Le cas somalien en toile de fond.
Si la décision concerne 75 pays, la Somalie est particulièrement citée comme faisant l’objet d’une surveillance accrue, à la suite d’un vaste scandale de fraudes découvert dans l’État du Minnesota.
Des fonds publics destinés à des programmes d’aide sociale y auraient été massivement détournés.
Les autorités américaines indiquent que plusieurs personnes impliquées seraient des ressortissants somaliens ou des Américains d’origine somalienne, un élément ayant renforcé la volonté de Washington de durcir les contrôles migratoires.
Pour la RDC, cette décision illustre également la fragilité de sa position sur la scène internationale.
Être classée parmi les pays considérés comme présentant un « risque migratoire » renforce une image négative qui pèse déjà sur la mobilité de ses citoyens, malgré les efforts diplomatiques déployés par Kinshasa pour améliorer sa crédibilité institutionnelle.
Elle pose, en filigrane, la question de la capacité de l’État congolais à défendre les intérêts de ses ressortissants à l’étranger et à engager un dialogue politique franc avec ses partenaires stratégiques.
D. Kazadi

