Ce 8 janvier marque le triste anniversaire du plus grave accident aérien de l’histoire de l’aviation civile africaine. Le 8 janvier 1996, un avion cargo Antonov An-32B s’écrasait peu après son décollage de l’aéroport de Ndolo, au cœur de Kinshasa, faisant 237 morts, sans compter les nombreux blessés et dégâts matériels.
L’appareil, appartenant à la compagnie Scibe Air Liftet affrété par Moscow Airways, transportait de la marchandise. À 11h 40′, au moment du décollage, l’avion n’a pas pu prendre suffisamment d’altitude à cause d’un surcharge manifeste, et a fini sa course en feu dans le marché très fréquenté de Zigida, dans la commune de Barumbu.
Le crash a été d’une violence inouïe : après avoir heurté le parapet d’un fossé, l’appareil s’est écrasé sur les étals du marché, tuant de nombreux vendeurs et acheteurs sur place.
L’enquête préliminaire avait mis en cause une surcharge flagrante de l’appareil et des manquements aux normes de sécurité. À cette époque, les vols cargo à Ndolo étaient fréquents et peu réglementés. Le trafic civil et militaire y cohabitait, dans des conditions précaires.
À la suite de cette catastrophe, l’aéroport de Ndolo fut fermé au trafic international, et de nombreuses voix s’élevèrent pour réclamer une réforme du secteur aérien en RDC, souvent pointé du doigt pour son insécurité chronique.
Des familles entières furent décimées ce jour-là. Les témoins évoquent encore l’odeur de kérosène, les cris, et les flammes. Le drame est depuis lors un symbole de l’inaction des autorités face à la sécurité aérienne, mais aussi un moment d’unité nationale dans la douleur.
Immortalisée par Fabregas dans son titre Zigida, la tragédie reste un traumatisme collectif pour de nombreuses familles kinoises. Chaque année, ce 8 janvier ravive la douleur et le souvenir de ceux qui ont perdu des proches dans cette catastrophe évitable.
Martin Lunyengu

