À l’occasion de Noël 2025, le Fridolin Cardinal Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, a livré un message à forte portée politique, dans lequel il replace la crise multidimensionnelle que traverse la République démocratique du Congo au cœur d’un impératif moral : la paix fondée sur la justice, la conversion des consciences et le dialogue sincère.
S’appuyant sur une lecture biblique de l’actualité nationale, le prélat catholique rappelle que la paix durable ne peut être réduite à des arrangements tactiques ou à des calculs de circonstance. Elle est, insiste-t-il, un don qui exige des choix politiques courageux, une gouvernance éthique et un engagement réel en faveur du bien commun. Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, en Ituri et à Kwamouth, le message sonne comme un avertissement adressé aux décideurs : aucune stabilité ne peut émerger sans justice sociale, sans vérité et sans réconciliation authentique.
Sans citer nommément les acteurs du pouvoir, le Cardinal Ambongo interpelle implicitement la classe politique congolaise, appelée à rompre avec les logiques de domination, de violence et d’exclusion. En mettant en avant l’humilité, le don de soi et le refus de la force comme principes fondateurs de l’action, il oppose une vision éthique de la gouvernance aux pratiques qui alimentent les conflits armés, la fragmentation sociale et la méfiance envers l’État.
Le message revêt également une dimension stratégique dans le contexte de la clôture de l’Année Sainte de l’Espérance. L’Église catholique y réaffirme son rôle de vigie morale et de médiatrice sociale, appelant à un dialogue « vrai et constructif » entre les communautés, mais aussi entre les institutions et les citoyens. Cette prise de parole s’inscrit dans la continuité des positions critiques déjà exprimées par la CENCO face aux dérives politiques, à la militarisation de la crise et à l’affaiblissement du contrat social.
Au-delà du registre spirituel.

