RDC : Nairobi, théâtre d’une recomposition politique en demi-teinte ?

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La capitale kényane a accueilli ce Mardi une rencontre inattendue de l’opposition congolaise convoquée par l’ancien président Joseph Kabila. Si l’événement a rassemblé certaines figures politiques, il a aussi révélé les fractures persistantes au sein de l’opposition, à quelques années des échéances électorales.

L’appel de Joseph Kabila à une concertation entre opposants a surpris plus d’un observateur. Ancien chef de l’État, aujourd’hui marginalisé sur la scène politique nationale, Kabila tente manifestement de reprendre pied dans le débat public. Sa convocation a été entendue par Matata Ponyo Mapon, ancien Premier ministre, Seth Kikuni, entrepreneur et candidat à la présidentielle de 2018, ainsi que Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP).

Tous trois ont répondu présents à Nairobi, celà affiche une volonté de dialogue et de repositionnement stratégique. Pour Matata Ponyo, cette rencontre pourrait marquer un tournant dans la construction d’un front alternatif à l’actuel pouvoir, tandis que Kikuni et Diongo semblent miser sur une relance de leur visibilité politique.

Mais l’absence de poids lourds comme Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga a jeté une ombre sur l’événement. Ces figures majeures de l’opposition ont décliné l’invitation, certains évoquant en coulisses une méfiance vis-à-vis de l’initiative kabiliste, jugée opportuniste voire déstabilisatrice.

Le silence de Katumbi et Fayulu, en particulier, traduit une stratégie d’évitement; ne pas cautionner une démarche qui pourrait brouiller les lignes entre opposition et anciens tenants du pouvoir. Cette posture révèle une opposition divisée entre ceux qui cherchent à reconstruire une plateforme commune et ceux qui préfèrent maintenir une ligne de rupture claire avec le passé kabiliste.

Le choix de Nairobi comme lieu de rencontre n’est pas anodin. Dans un contexte de tensions diplomatiques entre la RDC et le Kenya, cette localisation confère à la réunion une portée symbolique. Elle illustre aussi le déplacement du débat politique congolais vers l’extérieur, signe d’une crise de confiance dans les institutions nationales.

Rappelons que, Ce conclave soulève une question; l’opposition congolaise peut-elle se réinventer sans unité? Si certains acteurs misent sur une recomposition autour de nouvelles alliances, d’autres campent sur une posture de résistance.

Emmanuel NDJADI Pascal

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