Nord-Kivu: À Buleusa, une pénurie d’eau potable révèle les failles structurelles de l’action publique

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Dans le groupement d’Ikobo, territoire de Walikale, près de 14 000 habitants sont privés d’accès à l’eau potable depuis plus d’un mois. Une crise silencieuse mais alarmante qui affecte plusieurs localités, notamment Buleusa, Katrisa, Kilambo, Bukumbirwa, Rusamambu et Bushimba, et qui met en évidence les limites structurelles de la gouvernance locale face aux urgences vitales.

Selon les données recueillies par la société civile ce 11 septembre, cette pénurie résulte d’une série de pannes techniques répétées sur le réseau d’adduction d’eau, dont le point de captage situé sur le mont Mulema a été sévèrement endommagé lors des affrontements entre les rebelles du M23 et les groupes d’autodéfense. Depuis, les efforts de réparation entrepris par l’organisation communautaire COGEP se heurtent à un déficit criant de moyens techniques et logistiques.
« Le besoin le plus urgent dans notre communauté, c’est l’eau potable. Cela fait près d’un mois que la population souffre. Les sources disponibles sont taries ou non traitées, et les risques sanitaires deviennent très inquiétants », alerte Grace Burutere, leader communautaire à Buleusa dans un entretien téléphonique avec le reporter de kinpressactu cd.

Face à cette situation, la société civile dénonce l’inaction prolongée des autorités compétentes et appelle à une intervention immédiate pour éviter une crise sanitaire de grande ampleur. Elle plaide notamment pour un appui technique renforcé à la COGEP, incluant l’acheminement d’une machine de fusion, indispensable à la réparation des conduites endommagées.

Rappelons que, l’absence d’eau potable expose les populations à des maladies hydriques telles que le choléra et la fièvre typhoïde, dans une région déjà fragilisée par l’insécurité chronique, l’enclavement géographique et le manque d’infrastructures de base.

Emmanuel NDJADI Pascal

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