Lubero: Carnage à Ntoyo, la population crie à l’abandon de l’État

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Une attaque sanglante attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a coûté la vie à au moins soixante personnes dans le village de Ntoyo, à proximité de Mangurudjipa, dans le territoire de Lubero. Le drame s’est produit dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 septembre, alors que les victimes participaient à une veillée mortuaire.

Selon plusieurs témoins et sources locales, les assaillants ont fait irruption vers 22 heures, ouvrant le feu sur les civils rassemblés. Des femmes, des enfants et des hommes ont été tués sur place, certains dans leurs maisons, d’autres dans la rue ou dans la parcelle du défunt. Des véhicules et des motos ont également été incendiés.

Le bilan humain reste provisoire. Tandis que les autorités locales évoquent plus de 70 morts, certains témoins parlent de plus de 100 victimes. Les recherches se poursuivent pour retrouver les corps des disparus et identifier les personnes enlevées.

Face à cette tragédie, la population locale a exprimé une profonde colère ce mardi. Elle dénonce l’inefficacité de l’état de siège instauré par Kinshasa pour lutter contre l’insécurité dans l’Est du pays. « Cette mesure est devenue une source d’insécurité plutôt qu’un rempart », s’indigne un habitant de Mangurudjipa dans un appel téléphonique avec kinpressactu.cd.

Le député provincial Kambale Mulenda Boaz appelle à une mobilisation urgente des élus pour se rendre sur les lieux et évaluer la situation. Pendant ce temps, des centaines de familles fuient vers des zones supposées plus sûres, dans une atmosphère de panique et de désespoir.

Cette attaque s’inscrit dans une série de violences croissantes perpétrées par les ADF dans les territoires de Beni et Lubero, où plus de 150 civils ont été tués en l’espace d’un mois.

Emmanuel NDJADI Pascal

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