Depuis l’occupation rebelle survenue en février 2025, la ville de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, vit au rythme des souffrances. Si les armes tuent, le manque d’eau potable et de médicaments se révèle tout aussi meurtrier.
Dans les quartiers de Kadutu et Ibanda, le quotidien est marqué par des scènes de pénurie. Des femmes et des enfants parcourent parfois des kilomètres à l’aube pour chercher de l’eau. Les files d’attente s’allongent. Faute d’alternatives sûres, certains habitants se tournent vers des sources insalubres telles que le lac Kivu ou des puits artisanaux comme les “Bizola”.
“Nous nous réveillons à 4h du matin pour espérer trouver quelques litres d’eau. Même ça, ce n’est pas garanti,” confie Clarisse, mère de trois enfants, croisée au bord de la route de Nyamugo par le reporter de kinpressactu.cd.
La Regideso, entreprise publique en charge de la distribution, peine à assurer la demande en raison de problèmes logistiques et financiers accentués par la crise.
Selon les autorités locales que nous avons contacté ce jeudi 31 juillet 2025, la pénurie contribue à la recrudescence de maladies hydriques comme le choléra et la dysenterie. Dans les zones de déplacement, notamment Kabare, Kalehe, Walungu, Idjwi et Uvira, le tableau est encore plus sombre.
“Nous vivons entre les tirs et les maladies. L’eau, ici, est plus dangereuse que les balles,” déplore Désiré, déplacé de Kalehe, installé dans un camp de fortune à Panzi.
La situation est tout aussi critique dans les structures sanitaires. Plusieurs centres de santé font face à une rupture prolongée des stocks de médicaments essentiels. La Croix-Rouge Internationale estime dans une étude parue en juin 2025 que 3 structures sur 5 ont été pillées depuis l’intensification du conflit, entraînant une incapacité à traiter les malades.
Face à cette double crise, les acteurs humanitaires et les organisations internationales appellent à une réponse urgente. “Assurer l’accès à l’eau et aux soins médicaux est une priorité humanitaire. Il ne peut y avoir de paix durable sans justice sociale,” a déclaré MargaretTinsley, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.
Emmanuel NDJADI Pascal

