Dans un climat particulièrement volatile, la cheffe de la MONUSCO et Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo, Madame Bintou Keita, a foulé le sol de Goma ce jeudi matin. La ville, chef-lieu du Nord-Kivu, demeure sous la mainmise des éléments armés du M23-AFC, accentuant les inquiétudes locales et internationales.
Cette visite de trois jours, aux allures de mission de la dernière chance, s’inscrit dans un contexte de crispation extrême. Elle ambitionne de rétablir un canal de dialogue direct avec les responsables du mouvement rebelle tout en réaffirmant la vocation fondamentale de la MONUSCO: assurer la protection des populations civiles et œuvrer à la stabilisation durable de la province.
Bintou Keita s’emploiera à réitérer que la présence des Casques bleus ne se veut ni partisane ni opportuniste, mais résolument humanitaire et préventive. Elle portera la voix des Nations Unies dans une tentative renouvelée de désamorcer une crise multidimensionnelle qui gangrène l’Est congolais depuis de longues années.
Son périple prévoit également des consultations avec les autorités locales, les leaders de la société civile et les principaux partenaires humanitaires, dans l’optique d’une lecture affinée des réalités du terrain et d’un renforcement effectif des synergies opérationnelles.
Perçue par certains comme une démonstration tangible de l’implication continue de l’ONU, cette visite soulève néanmoins un scepticisme croissant. En effet, bon nombre d’observateurs mettent en doute la capacité de la mission onusienne à contenir une rébellion toujours plus structurée et stratégiquement implantée.
Emmanuel NDJADI Pascal

