Dans un rapport rendu public ce mercredi 12 mars, Human rights watch pointe du doigt le mouvement rebelle AFC-M23 d’avoir menacé menacé, placé en détention et attaqué des journalistes, des détracteurs et activistes de la société civile depuis la prise des villes de Goma et Bukavu. Ces villes sont au cœur d’une crise humanitaire alarmante, exacerbée par les actions de ce groupe armé soutenu par le Rwanda.
D’après le document, ce mouvement rebelle a également ordonné à des dizaines de milliers de personnes déplacées de quitter les camps situés autour de Goma, plongeant ces populations vulnérables dans une situation encore plus précaire.
Depuis que le M23 a pris le contrôle de Goma, les conditions de vie des déplacés se sont considérablement détériorées. Les camps de Bulengo et Lushagala, qui abritaient plus de 100 000 personnes, ont été ciblés par des ordres d’évacuation forcée, laissant les habitants sans abri ni soutien. Human Rights Watch dénonce ces actes comme étant contraires au droit international humanitaire et potentiellement constitutifs de crimes de guerre, peut-on lire. La situation est d’autant plus critique que les organisations humanitaires peinent à intervenir. Les pillages et les violences dans les camps ont interrompu les activités d’aide, privant les déplacés de nourriture, d’eau et de soins médicaux essentiels. Les témoignages recueillis par Human Rights Watch révèlent une souffrance généralisée, aggravée par l’absence de solutions durables pour ces populations déjà fragilisées.

Face à cette crise, cette ONG appelle la communauté internationale à exercer une pression sur le M23 et ses soutiens pour mettre fin aux abus et garantir l’accès humanitaire. Les autorités du M23 et de l’AFC ainsi que le gouvernement rwandais sont tenus de respecter le droit international humanitaire dans les zones qu’ils occupent, insiste cette organisation internationale.
Par ailleurs, il est noté dans ce document que le M23 a, depuis longtemps recours à des menaces et à l’intimidation pour restreindre l’accès de la population à l’information et étouffer les voix critiques. Les journalistes ont déjà rencontré des difficultés pour rendre compte de la situation à Goma.
Human Rights Watch appelle l’Union européenne, ses États membres et les autres gouvernements préoccupés par la situation à adopter d’urgence de nouvelles sanctions ciblées contre le M23 et les hauts fonctionnaires rwandais et congolais responsables d’abus graves. L’UE devrait également suspendre son accord sur les minerais avec le Rwanda à la lumière de l’implication des forces rwandaises dans des abus avec le M23, et revoir ses accords de coopération militaire et sécuritaire avec le Rwanda, y compris dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix.
KM

