Sud-Kivu : Des pillages récurrents sur la RN3 de Chivanga PNKB vers Bunyakiri

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La route nationale numéro trois, reliant Miti à Kisangani, est devenue un véritable parcours du combattant pour ses usagers. La situation est particulièrement préoccupante dans le parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), où des malfaiteurs armés sévissent quotidiennement, s’en prenant aux citoyens innocents.

Les attaques systématiques des usagers de cette route par des hommes lourdement armés sont désormais une triste réalité. Les acteurs de la société civile, les mouvements de défense des droits de l’homme et les communautés environnantes s’interrogent sur l’augmentation des braquages, des pillages et des violences perpétrées par ces hors-la-loi dans ce site classé au patrimoine mondial, censé être protégé par des éco-gardes et des militaires des FARDC.

Selon les informations recueillies à Kalongue, Bitale et Bunyakiri Bulambika par kinpressactu.cd, ces groupes armés seraient principalement composés de jeunes raiya Mutomboki, souvent intégrés dans les communautés locales. La situation sécuritaire au PNKB est jugée fragile, et l’urgence d’une intervention se fait sentir.

Voici quelques cas répertoriés récents de pillages dans cette partie du sud-kivu :

-Vendredi 10 janvier 2025 entre 14h et 16h, au lieu dit Bilima Mbili, près de Bapadiri et du groupement de Bitale, des hommes armés ont dépouillé plus de 43 motos, une jeep Land Cruiser et un bus de tous leurs biens.
-Lundi 6 janvier 2025: Vers 13h30, à Bugulimiza, des hommes en uniforme ont braqué deux motos ainsi que leurs passagers près de la barrière des FARDC, sans que ces derniers n’interviennent, selon Isaya Benjamin, président de la société civile de Bunyakiri.
D’autres membres de la société civile de Bunyakiri dénoncent l’inaction des gardes-parc face à ces pillages qui se poursuivent depuis juin 2024.
-Mercredi 18 décembre 2024: De 9h à 11h30, sept voleurs armés ont dépouillé plus de 41 motos près de la bifurcation de Kalonge, à seulement 100 mètres des FARDC. Ces événements sont devenus fréquents, enrichissant les malfaiteurs et laissant les victimes sans ressources, souvent soumises à des violences physiques.

La société civile de Bunyakiri condamne ces actes inhumains qui perturbent la vie quotidienne des usagers de cette route. Isaya Benjamin appelle le gouvernement congolais à agir pour garantir la sécurité de la population tout en plaidant pour l’instauration de patrouilles mixtes entre les FARDC et les éco-gardes.

Il souligne que cette insécurité freine le développement économique et social de la province. Contactée, l’autorité territoriale de Kalehe s’engage à travailler pour éradiquer cette situation préoccupante.

Emmanuel NDJADI Pascal

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