Trois ans de prison et une amende de 950.000fc, c’est le réquisitoire du ministère public dans l’affaire Seth Kikuni, lors de l’audience de ce mercredi 20 novembre à la Prison centrale de Makala.
Selon la défense, l’audience de ce mercredi était consacrée à l’examen des charges qui pèsent contre l’accusé, notamment l’infraction d’incitation à la désobéissance civile et celle liée à la propagation de faux bruits.
« Après avoir examiné l’ensemble des charges, nous avons plaidé sur le fait que Monsieur Kikuni n’a nullement énervé une disposition pénale de notre pays. Tout ce qu’il a posé comme acte reste dans le champs de ce qui est prévu par la constitution, la loi 04 et la loi 07 respectivement relatives à l’organisation et au fonctionnement des partis politiques, et à l’opposition politique dans notre pays », a confié à votre média, Me Onyemba Laurent, membre du collectif d’avocats de Seth Kikuni.
D’ajouter : « Nous avons la conviction qu’au regard des éléments alignés, que Monsieur Kikuni doit recouvrer toute sa liberté parce qu’il est un républicain et qu’il n’a jamais énervé la moindre loi de notre pays ».
Par ailleurs, la défense de l’opposant congolais estime qu’avec ce réquisitoire le ministère public s’est éloigné du droit car dit-il, il est exagéré. Selon Me Onyemba, « le ministère public était en difficulté de construire et d’asseoir l’accusation, il était sur des supputations alors qu’un procès final augure une juxtaposition ordonnée des faits sur les arguments, surtout sur des dispositions légales. Le ministère public s’est livré à une narration, éloignée de plus en plus du droit ».
Cet homme de droit garde tout de même espoir que son client sera relaxé : « ce réquisitoire ne lie pas le tribunal, si ce dernier est indépendant, et que nous construisons sur l’intime conviction des juges, Monsieur Kikuni ne peut qu’être relaxé », a conclu Me Laurent Onyemba.
L’opposant Kikuni est poursuivi pour deux chefs d’accusation : incitation à la désobéissance civile et propagation de faux bruits. Il a été arrêté à Kinshasa le 2 septembre 2024.
KM

